Mutuelle entreprise – Convention collective aide à domicile – IDCC 2941
Ce qu’il faut retenir :
- L’IDCC 2941 correspond à la convention collective de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile du 21 mai 2010.
- La branche dispose d’un véritable régime obligatoire de complémentaire santé appelé « Base prime ».
- Depuis le 1er avril 2025, l’employeur finance 58 % de la cotisation obligatoire et le salarié 42 %.
La convention collective nationale de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile relève de l’IDCC 2941. Signée le 21 mai 2010, elle encadre les structures privées à but non lucratif entrant dans son champ. Elle organise les classifications, les rémunérations, le maintien de salaire, la prévoyance et un régime conventionnel obligatoire de complémentaire santé.
Identification de la convention collective IDCC 2941
La convention collective nationale de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile a été signée le 21 mai 2010. Elle a été complétée par l’avenant n° 1 du 24 mars 2011, puis étendue par arrêté du 23 décembre 2011.
L’avenant n° 43-2020 relatif à la classification des emplois et au système de rémunération a été signé le 26 février 2020, et non le 20 février 2020. Il a remplacé le titre III de la convention à compter du 1er octobre 2021 après son agrément et son extension.
La publication du 5 août 2021 ne correspond pas à une nouvelle date de signature de la convention. Elle concerne notamment l’arrêté d’extension du 28 juillet 2021 relatif à l’avenant n° 43-2020.
La convention s’applique principalement aux associations et organismes privés à but non lucratif exerçant des activités d’aide, d’accompagnement, de soins ou de services à domicile.
Elle peut concerner les services d’aide et d’accompagnement à domicile, les services de soins infirmiers à domicile, les centres de soins infirmiers et certaines structures intervenant auprès de personnes âgées, malades, en situation de handicap ou fragilisées.
L’applicabilité de l’IDCC 2941 doit être déterminée selon l’activité principale réelle et le statut de la structure. Toutes les entreprises commerciales de services à la personne ne relèvent pas nécessairement de cette convention.
Le titre VII de la convention organise les garanties sociales. Il distingue le maintien de salaire, la prévoyance et la complémentaire santé. Ces dispositifs ne doivent pas être confondus.
Le régime obligatoire de frais de santé comprend un niveau minimal appelé « Base prime ». Deux niveaux supérieurs, « Confort » et « Confort Plus », peuvent être souscrits collectivement par l’employeur ou individuellement par le salarié.
L’affiliation au régime obligatoire intervient dès l’embauche, sauf lorsque le salarié bénéficie d’une dispense conventionnelle ou légale valablement demandée.
Pour comparer les garanties de branche avec les contrats proposés aux structures, il est possible de consulter un panorama des meilleures mutuelles collectives.
Un comparateur de mutuelle santé entreprise permet également d’étudier les renforts en hospitalisation, optique, dentaire et soins non remboursés.
Point juridique important : la branche IDCC 2941 ne se limite pas au panier ANI. Elle impose un régime conventionnel complet avec une couverture « Base prime », des garanties minimales et une répartition précise des cotisations.
Garanties minimales et remboursements santé applicables en 2026
L’avenant n° 64/2024 du 27 septembre 2024 a actualisé le régime de complémentaire santé. Il a été agréé par arrêté du 26 décembre 2024, puis étendu par arrêté du 5 mars 2025. Ses nouvelles cotisations sont applicables depuis le 1er avril 2025.
La cotisation mensuelle « Base prime » du salarié seul est fixée à 1,314 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour le régime général. Elle est fixée à 0,852 % du PMSS pour le régime local d’Alsace-Moselle.
Ces montants évoluent avec la valeur annuelle du PMSS. Ils sont donc plus précis qu’une fourchette commerciale variable de 25 € à 200 € par mois.
La cotisation de la couverture obligatoire « Base prime » est financée à hauteur de 58 % par l’employeur et de 42 % par le salarié. La fiche initiale indiquait donc à tort une participation patronale limitée à 50 %.
La participation forfaitaire applicable à certaines consultations et à certains actes médicaux est fixée à 2 €. Elle ne peut pas être remboursée par un contrat responsable, sauf situation d’exonération prévue par la réglementation.
Pour une consultation de médecin généraliste facturée 30 € dans le parcours de soins, l’Assurance Maladie rembourse 21 €, puis déduit 2 €. Le versement effectif est donc de 19 €.
Une lecture des taux de remboursement et frais médicaux permet de distinguer la BRSS, le ticket modérateur, les dépassements et les participations restant à la charge du salarié.
Lecture des tableaux : les garanties exprimées en pourcentage de la BRSS incluent les remboursements versés par l’Assurance Maladie. Le total ne peut jamais dépasser les frais réellement engagés.
Consultations médicales et soins courants
| Acte ou prestation | Dépense indicative | Assurance Maladie | Minimum conventionnel « Base prime » |
|---|---|---|---|
| Consultation d’un médecin généraliste dans le parcours de soins | 30 € | 19 € après déduction de la participation forfaitaire de 2 € | Prise en charge selon la BRSS et les règles du contrat responsable |
| Consultation d’un médecin spécialiste | Selon la spécialité et le secteur | Selon la BRSS, le parcours de soins et l’OPTAM | Selon le tableau conventionnel et les éventuels dépassements couverts |
| Auxiliaires médicaux et kinésithérapie prescrite | Selon l’acte réalisé | Selon la prescription et la nomenclature | 100 % de la BRSS, remboursement de l’Assurance Maladie inclus |
| Analyses et examens de laboratoire | Selon les actes prescrits | Selon la nomenclature applicable | 100 % de la BRSS |
| Imagerie médicale et échographie | Selon l’acte réalisé | Selon la nomenclature applicable | 100 % de la BRSS |
| Pharmacie remboursable | Selon le médicament | Selon le taux réglementaire et la franchise médicale | 100 % de la BRSS |
| Ostéopathie et pratiques non remboursées | 50 € par séance à titre indicatif | Absence habituelle de remboursement | Forfait éventuel selon le niveau Base prime, Confort ou Confort Plus réellement souscrit |
Le remboursement de 17,50 € indiqué dans l’ancienne fiche pour une consultation de généraliste était incorrect. Le montant versé est de 19 € lorsque le médecin traitant facture 30 € et que le patient respecte le parcours coordonné.
Le remboursement mutuelle ne doit pas être présenté comme un montant fixe de 10,50 €. La complémentaire intervient selon le tarif de référence, les garanties du régime et les dépenses réellement engagées.
La kinésithérapie prescrite ne relève pas de la médecine douce. Elle peut être remboursée par l’Assurance Maladie, contrairement à l’ostéopathie généralement non prise en charge par le régime obligatoire.
Hospitalisation médicale et chirurgicale
| Prestation | Minimum conventionnel « Base prime » |
|---|---|
| Honoraires médicaux et chirurgicaux conventionnés | 150 % de la BRSS, remboursement de l’Assurance Maladie inclus |
| Honoraires en établissement non conventionné | 80 % des frais réels, dans la limite de 150 % de la BRSS |
| Frais de séjour pris en charge par l’Assurance Maladie | Selon le tableau conventionnel et dans la limite des frais réels |
| Forfait journalier hospitalier | Prise en charge intégrale selon les obligations du contrat responsable |
| Chambre particulière | Forfait conventionnel selon le niveau de couverture souscrit |
| Frais de transport remboursables | 100 % de la BRSS |
La chambre particulière ne doit pas être annoncée comme systématiquement remboursée à 0 €. Sa prise en charge dépend de la formule collective et des options éventuellement retenues.
Le régime « Confort Plus » prévoit notamment une chambre particulière pouvant atteindre 4 % du PMSS, dans la limite conventionnelle de durée. Les frais d’accompagnement d’un enfant à charge peuvent atteindre 2 % du PMSS.
Les frais de séjour ne doivent pas être résumés par une intervention uniforme de 20 %. La couverture doit être lue dans le tableau conventionnel complet et dans la notice du contrat.
Dentaire : soins, prothèses et orthodontie
| Acte | Minimum « Base prime » | Formules améliorées |
|---|---|---|
| Soins dentaires remboursés, y compris inlay simple et onlay | 100 % de la BRSS | Selon les garanties supérieures souscrites |
| Prothèses dentaires remboursables, y compris inlay-core et clavette | 300 % de la BRSS | Jusqu’à 400 % de la BRSS en Confort Plus |
| Orthodontie remboursée par l’Assurance Maladie | 300 % de la BRSS | Jusqu’à 400 % de la BRSS en Confort Plus |
| Orthodontie, parodontologie ou prothèses non remboursées | Aucune garantie conventionnelle minimale dans l’ancienne grille Base prime publiée | Crédit annuel de 300 € en Confort et 600 € en Confort Plus |
| Actes du panier 100 % Santé | Prise en charge intégrale dans les conditions réglementaires | Applicable à toutes les formules responsables |
Les taux de 125 % de la BRSS indiqués dans l’ancienne fiche étaient nettement inférieurs au minimum conventionnel. Le régime Base prime prévoit 300 % de la BRSS pour les prothèses remboursables et l’orthodontie prise en charge par l’Assurance Maladie.
Le régime Confort Plus peut porter ces garanties à 400 % de la BRSS. Les actes non remboursés peuvent également bénéficier d’un crédit annuel selon la formule choisie.
Optique : montures, verres et lentilles
| Équipement | Règle applicable en 2026 |
|---|---|
| Monture et verres du panier 100 % Santé | Prise en charge intégrale dans les conditions réglementaires et dans le respect des prix limites de vente |
| Monture hors panier 100 % Santé | Forfait prévu par la grille conventionnelle, dans la limite du plafond des contrats responsables |
| Verres simples | Forfait variable selon la correction et la grille Base prime en vigueur |
| Verres complexes ou progressifs | Forfait renforcé selon la complexité des verres et la formule souscrite |
| Lentilles remboursées ou non remboursées | Forfait annuel prévu par le niveau de garantie applicable |
| Chirurgie réfractive | Forfait éventuel dans les formules améliorées |
Les forfaits génériques de 100 € pour un équipement simple et de 200 € pour un équipement progressif ne correspondent pas à une présentation suffisamment précise du régime IDCC 2941.
La grille conventionnelle distingue les classes d’équipement, la correction des verres et les formules Base prime, Confort ou Confort Plus. Les montants doivent être repris depuis la grille annexée et la notice contractuelle en vigueur.
Audiologie et appareillages
| Prestation | Règle applicable |
|---|---|
| Aide auditive de classe I | Prise en charge intégrale dans le cadre du 100 % Santé lorsque les conditions sont remplies |
| Aide auditive de classe II | Forfait et plafond selon la formule souscrite |
| Orthopédie et appareillages remboursables | Selon la BRSS et le tableau conventionnel |
| Matériel médical prescrit | Selon la nomenclature et les garanties du contrat |
L’audiologie doit être intégrée à l’analyse du régime collectif. Le dispositif 100 % Santé concerne les aides auditives de classe I, même si ce poste n’apparaissait pas dans l’ancienne fiche.
Prévention et risques professionnels
Les aides à domicile peuvent être exposées aux manutentions, aux postures contraignantes, au travail isolé, aux risques routiers, aux agressions, à la charge émotionnelle et aux troubles musculosquelettiques.
La complémentaire santé facilite l’accès aux soins, mais elle ne remplace pas l’obligation de prévention de l’employeur. La branche comporte également des textes spécifiques sur la prévention de la pénibilité et des risques psychosociaux.
Le régime IDCC 2941 comprend trois niveaux : Base prime, Confort et Confort Plus. Les garanties minimales sont plus favorables que les anciens tableaux, notamment avec 300 % de la BRSS pour plusieurs prestations dentaires et 150 % de la BRSS pour certains honoraires hospitaliers.
Pour suivre les évolutions du régime, consultez les nouveaux accords de mutuelle d’entreprise.
Obligations de l’employeur et droits des salariés
Affilier la structure à un organisme assureur
Toutes les structures entrant dans le champ de la branche doivent souscrire une couverture complémentaire santé auprès d’un organisme assureur.
Le choix de cet organisme doit faire l’objet d’une consultation préalable du comité social et économique lorsqu’il existe.
Respecter le régime conventionnel
Les structures qui ne disposent pas encore d’un contrat doivent mettre en place le régime prévu par la convention. Elles doivent au minimum garantir la formule Base prime.
Une entreprise peut conserver un contrat différent uniquement s’il offre des garanties au moins équivalentes, acte par acte, et une part salariale inférieure ou égale à celle du régime conventionnel.
Financer 58 % de la cotisation obligatoire
Depuis le 1er avril 2025, la cotisation Base prime est financée à hauteur de 58 % par l’employeur et de 42 % par le salarié.
Lorsqu’une formule Confort ou Confort Plus est mise en place collectivement, la part supportée par le salarié ne peut pas être supérieure à celle prévue dans le régime Base prime.
Affilier les salariés dès l’embauche
L’affiliation au régime collectif obligatoire intervient dès l’embauche. L’employeur ne peut pas imposer un délai d’ancienneté avant l’accès au socle conventionnel.
Les démarches d’affiliation doivent être réalisées rapidement afin d’éviter toute période sans couverture.
Gérer les dispenses d’adhésion
Les dispenses concernent uniquement les situations autorisées par la convention et la réglementation. Elles peuvent notamment viser certains salariés déjà couverts par un autre régime collectif obligatoire.
Les salariés à temps partiel et les apprentis peuvent aussi demander une dispense lorsque leur cotisation à l’ensemble des régimes complémentaires atteint au moins 10 % de leur rémunération brute.
Chaque demande doit être écrite, justifiée et conservée par l’employeur.
Informer les salariés
L’employeur doit remettre une notice précisant les niveaux de garanties, les cotisations, les bénéficiaires, les exclusions, les options, les dispenses et les démarches de remboursement.
Toute modification du contrat ou du régime doit être communiquée. La structure doit pouvoir prouver la remise de ces informations.
Justifier annuellement la conformité du contrat
Lorsqu’une structure conserve un contrat présenté comme plus favorable, elle doit transmettre chaque année aux représentants du personnel une copie du contrat avec le détail des garanties.
Elle doit également fournir une attestation de l’assureur confirmant que le contrat est toujours en vigueur.
Maintien de salaire et prévoyance
La convention comporte un régime de prévoyance couvrant notamment l’incapacité de travail, l’invalidité et le décès. Ce régime est distinct de la complémentaire santé.
Le maintien de salaire répond lui aussi à des règles propres. Il complète, sous conditions, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale.
Maintien pendant certaines suspensions
Les garanties sont maintenues dans les conditions prévues par la convention lorsque le salarié bénéficie d’un maintien de rémunération ou d’indemnités complémentaires financées par l’employeur.
La maternité, la maladie, l’accident du travail ou certaines autres absences indemnisées doivent être gérés conformément au texte conventionnel et au contrat d’assurance.
Portabilité après la rupture du contrat
Le salarié dont le contrat prend fin et qui bénéficie de l’assurance chômage peut conserver gratuitement ses garanties de santé et de prévoyance lorsque les conditions légales sont remplies.
La durée dépend de celle du dernier contrat ou des contrats successifs, sans pouvoir dépasser douze mois.
Situation des retraités
Les retraités ne bénéficient pas de la portabilité liée à l’assurance chômage. Ils peuvent demander le maintien individuel de leur complémentaire santé dans les conditions prévues par la loi Evin.
La cotisation devient alors entièrement à leur charge. Ils peuvent aussi rechercher une mutuelle santé pour senior adaptée à leur nouvelle situation.
Travailleurs indépendants du secteur
Les travailleurs indépendants intervenant auprès de particuliers ou de structures d’aide à domicile ne bénéficient pas automatiquement du régime collectif IDCC 2941.
Ils peuvent utiliser des outils de comparaison pour TNS afin d’étudier les frais médicaux, les indemnités journalières et l’invalidité.
Infos clés IDCC 2941 en 2026
- IDCC concerné : 2941.
- Intitulé : aide, accompagnement, soins et services à domicile.
- Convention collective : 21 mai 2010.
- Avenant n° 1 : 24 mars 2011.
- Extension de la convention : arrêté du 23 décembre 2011.
- Avenant n° 43-2020 : signé le 26 février 2020.
- Nouvelle classification applicable depuis le 1er octobre 2021.
- Régime santé obligatoire : formule Base prime.
- Formules améliorées : Confort et Confort Plus.
- Affiliation : obligatoire dès l’embauche, sauf dispense autorisée.
- Cotisation Base prime au régime général : 1,314 % du PMSS.
- Cotisation Base prime en Alsace-Moselle : 0,852 % du PMSS.
- Participation employeur : 58 %.
- Participation salarié : 42 %.
- Prothèses dentaires remboursables : 300 % de la BRSS en Base prime.
- Orthodontie remboursable : 300 % de la BRSS en Base prime.
- Hospitalisation : honoraires conventionnés jusqu’à 150 % de la BRSS en Base prime.
- 100 % Santé : applicable aux prestations éligibles.
- Prévoyance : incapacité, invalidité et décès.
- Portabilité : douze mois au maximum dans les conditions légales.
- Risques professionnels : manutention, déplacements, travail isolé et risques psychosociaux.
Conseil pratique : les métiers de l’aide à domicile relèvent d’un cadre spécifique parmi les conventions collectives des services, avec un régime santé de branche obligatoire.

