Santé des seniors après 50 ans  : la goutte

La goutte est une affection diabétique qui se caractérise par des troubles viscéraux et par une fluxion articulaire violente. L’on croyait parfois que les grands buveurs et gloutons sont les plus prédisposés à cette maladie et qu’elle ne touche que les seniors. Toutefois, elle peut toucher aussi les personnes plus jeunes. Le point sur cette maladie, ses symptômes et les moyens pour la traiter.

Cette maladie rhumatismale qui apparaît plus fréquemment chez les hommes de plus de 40 ans et chez les femmes après la ménopause se manifeste par une douleur brutale au niveau du gros orteil. Avant la survenue de ce syndrome, le patient a la sensation d’avoir une eau froide versée sur son orteil certaines fois il peut se sentir fatigué. Le patient souffre ensuite de chaleur et les zones affectées montrent une enflure et une rougeur. La douleur peut s’étendre ensuite sur le pied, les avants-pied, les doigts, les tendons, le genou. La sensibilité de la partie endolorie est si intense que même un attouchement ou un frottement peut causer une souffrance intense. Le patient ne parvient pas à poser le pied sur terre et il lui est impossible de porter une chaussure pendant les crises. Celles-ci surviennent souvent la nuit à cause de la baisse de la température du corps.

Au petit matin, les syndromes sont plus tenables. Ces symptômes durent quelques jours puis disparaissent quelques semaines avant de réapparaître. Quelquefois, des signes comme les troubles asthéniques, l’irritabilité ou un état fiévreux (température à 38 °C) peuvent accompagner les crises. En cas de goutte chronique, en dehors des tuméfactions sous-cutanées de la zone atteinte, les membres deviennent raides. Les douleurs deviennent moins intenses au fil des années, mais leur fréquence, leur durée et les zones atteintes s’accroissent. Quand les articulations sont atteintes, on retrouve des tophi, ce sont des masses blanchâtres d’urate de soude, dure ou molle, qui siègent dans les articulations, dans les os, etc. Ce sont ces dépôts qui déforment les articulations et qui causent une inflammation aiguë. Si la maladie n’est pas traitée, elle pourrait entraîner la formation des ulcères, des calculs rénaux, une insuffisance rénale ou une hypertension artérielle. A noter que la goutte touche plus de 600 000 personnes en France.

La goutte est surtout causée par une hausse de la teneur d’acide urique dans le sang. Le terme médical pour ce trouble est hyper uricémie. Cet acide organique azoté est un déchet que le corps rejette dans les urines. Son taux de production dépend du fonctionnement des cellules de l’organisme et du régime alimentaire d’une personne. Il est produit lors de la dégradation dans l’organisme de nucléoprotéides. Lorsque les reins ne parviennent plus à se débarrasser de ces substances, il y aura une accumulation d’acide urique. Celle-ci va former des cristaux dans l’articulation et des tissus lorsqu’elle atteint une certaine concentration. L’inflammation dans les articulations résulte de cette cristallisation d’acide urique sanguine.

Les causes de cette augmentation d’acide urique dans le sang sont nombreuses.

  • En premier lieu, il y a l’antécédent génétique. On distingue la forme de maladie héréditaire comme le syndrome de LeshNyhan qui entraîne un défaut d’évacuation des déchets par les reins.
  • L’atteinte de la fonction rénale dans le cadre d’une insuffisance rénale pourrait provoquer aussi les crises de coliques.
  • L’abondance d’acide urique dans le sang peut également être causée par une mauvaise habitude alimentaire. L’excès de consommation de la bière, des alcools forts et de soft drinks comme la limonade et le soda, l’obésité, la sédentarité favorisent également l’apparition de cette affection.
  • Un patient souffrant d’une affection maligne d’hémopathie, de leucémie ou une sarcoïde peut aussi produire beaucoup de purines dans le sang.
  • Dans le cas des gouttes secondaires, la hausse d’acide urique dans le sang pourrait être due à une intoxication chronique par le plomb (pour les ouvriers qui font usage de plomb) ou à une anémie hémolytique.
  • Les patients qui suivent certains traitements comme le corticoïde peuvent également être sujets à cette maladie.

Il ne faut d’abord pas confondre cette maladie avec les tendinites, le rhumatisme, les cellulites ou l’arthrite purulente causée par l’introduction d’un germe tuberculeux, par exemple. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de se rendre chez le médecin traitant dès qu’on remarque des symptômes inhabituels de crises après un repas copieux, à la suite d’un stress ou d’un état de traumatisme. L’automédication est à proscrire. Le médecin diagnostique cette maladie en se servant des éléments biologiques et cliniques comme l’existence de tophi, l’examen biologique du taux d’augmentation d’acide urique dans le sang, la radiologie et l’examen anatomopathologie. L’examen permet de voir la présence de microcristaux d’urate de sodium dans les articulations. A noter que le taux d’uricémie ne doit pas dépasser 60 mg/l, voire 50 mg/l dans le cadre d’un traitement de goutte sérieuse avec tophus.

Bon à savoir : la souscription à une mutuelle santé senior permet d’avoir une meilleure prise en charge des traitements des maladies de seniors. En outre, il est possible de choisir une formule adaptée à ses traitements particuliers.

Il n’existe pas de traitement qui permet de guérir définitivement cette affection. En revanche, le médecin traitant ou le pharmacien peut prescrire des médicaments qui peuvent soulager les crises. Le patient peut ainsi prendre un comprimé de colchicine de 1 mg lorsque la crise survient et un demi-comprimé après une heure. Il ne doit pas seulement prendre plus de 2 mg de ce médicament par jour. Le deuxième jour et les jours suivants, un comprimé par jour est suffisant.

Les douleurs articulaires peuvent également être soulagées par des traitements naturels comme le gingembre, le jus de citron, le vinaigre du cidre ou encore le jus de cerises. Le patient peut boire une fois par jour un jus d’un demi-citron auquel il a ajouté une petite dose de bicarbonate de soude pour réduire le niveau d’acide urique dans le sang. Il peut également ajouter une cuillère à soupe de vinaigre de cidre dans un verre d’eau et consommer ce mélange deux fois par jour. L’efficacité du gingembre dans le traitement de goutte est également reconnue. La personne souffrant de goutte peut manger un bout de racine de gingembre. Il peut aussi faire un mélange de poudre de gingembre et de curcuma et verser une cuillère de ce mélange dans un grand verre d’eau. Cette boisson est à consommer une fois par jour. Le jus de cerises contribue également à la diminution de niveaux d’acide urique dans le sang selon une étude réalisée par des chercheurs sud-africains.

La prévention de la goutte consiste à suivre une alimentation saine et équilibrée. Le senior âgé de plus de 60 ans devrait éviter la consommation d’aliments provoquant l’augmentation de purines (alcool, sodas…). Les personnes diabétiques et les seniors atteints d’hypertension devront également équilibrer leur taux de glycémie et leur tension artérielle. Enfin, la bonne hydratation permet également de se prémunir de la survenue de cette pathologie.

Le rhumatologue soigne les maladies liées aux articulations dont la goutte. Lorsque le médecin traitant ne trouve plus les mesures thérapeutiques et médicamenteuses pour soulager la souffrance des articulations, il oriente son patient vers un rhumatologue. Le tarif du rhumatologue est fonction des examens pratiqués et aussi du secteur conventionné.

La Sécurité Sociale prend en charge à hauteur de 70%  les frais engagés chez le rhumatologue, sous réserve que le patient ait suivi le parcours de soins coordonnés, c’est-à-dire qu’il s’agit du médecin traitant qui a orienté les soins vers ce spécialiste, car le rhumatologue est un médecin spécialiste. En absence du parcours de soins coordonné, la Sécurité sociale ne rembourse qu’à hauteur de 30%.

A titre illustratif : un patient atteint de goutte se fait consulter par un rhumatologue conventionné du secteur 1 : la consultation est de 30€, il est remboursé à hauteur de 70% par la Sécurité sociale, soit 20€. Le reste à charge de 10€ est pris en charge par la mutuelle santé du patient.

Il faut donc choisir une mutuelle santé senior pour être remboursé convenablement en cas de goutte lorsqu’il faut suivre des séances chez le rhumatologue. Il faut être prudent et observer les pôles de santé qui sont couverts. Citons entre autres l’imagerie médicale et les analyses biologiques, les frais d’hospitalisation, la kinésithérapie et la médecine douce. Ces deux derniers postes sont complémentaires à la rhumatologie. Il faut surtout insister sur les frais d’hospitalisation et les services de confort ainsi que les dépassements d’honoraires car, le rhumatologue peut être un spécialiste qui ne fait pas partie intégrante du personnel de l’hôpital.