Mutuelle entreprise les maladies professionnelles dues aux amines aromatiques : tumeurs de la vessie

La tumeur de vessie est une pathologie résultant notamment de la consommation excessive de tabac ainsi que l’exposition à des rayonnements ionisants à dose élevée et à des substances chimiques comme les amines aromatiques. L’âge, l’origine ethnique, les prédispositions génétiques, l’alimentation sont également indiqués parmi les facteurs de risque. A noter que le régime social reconnaît au titre de maladie professionnelle les lésions cancéreuses de la vessie provoquées par la fabrication ou l’utilisation des amines aromatiques. Ce qui signifie qu’un salarié exposé aux risques physiques et chimiques de ce composant au cours de sa carrière professionnelle peut prétendre au remboursement des frais de soins de la Sécurité sociale. Tour d’horizon sur cette pathologie, la prise en charge du régime social et les mesures adéquates pour avoir une meilleure protection santé.

Les amines aromatiques peuvent être plus ou moins toxiques, en fonction des caractéristiques chimiques. A noter que c’est l’industrie chimique qui utilise abondamment les amines aromatiques. Si les amines sont dispersées de manière incontrôlable dans l’environnement, dans l’eau ou dans les aliments, elles représentent des effets polluants et contaminants importuns. A cet effet, tout le monde peut être exposé, surtout s’il y a abus de tabagisme, mais en général la contamination se fait :

  • par voie cutanée,
  • par voie respiratoire,
  • par voie digestive.

Le CIRC a même signalé que plusieurs composés des amines aromatiques sont cancérogènes, par exemple la benzidine ou β-naphtylamine. Les amines aromatiques sont dites liposolubles.

L’utilité des amines aromatiques est pourtant très intéressante pour la fabrication des colorants et des pigments, pour la teinture des fourrures et des cheveux, pour le développement en photographie, pour élément intermédiaire en industrie pharmaceutique. L’amine aromatique entre également dans des combustibles pour fusées ou dans des emplâtres chirurgicaux, etc.

Malgré son utilité, l’amine aromatique présente des risques et ont des effets pathologiques. Pour éviter les risques, le plus important est de remplacer des amines par d’autres substances. Le cas échéant, il faut adapter autant que possible les installations sanitaires et que les travailleurs prennent les précautions nécessaires en manipulant ces substances, à savoir se laver les mains avant de manger, avant de fumer, prendre les repas dans de bonnes conditions. Il faut tenir compte que certaines amines aromatiques sont inflammables au risque de provoquer de l’incendie. L’employeur et les employés doivent être prudents pour tirer des avantages et non des maladies professionnelles.

Les amines aromatiques (AA) sont des corps chimiques utilisés dans les colorants, dans la synthèse des produits de pharmacie et dans l’industrie de fabrication de plastique, de caoutchouc, de produits cosmétiques, etc. La contamination se fait notamment par voie cutanée. Environ 5,4 % des cancers de vessie sont provoqués par l’exposition à ces contaminants. Sont notamment classés comme agents cancérogènes par le CIRC : le 4-amino biphényle dans l’industrie de caoutchouc, la benzidine, la ß-naphtylamine dans la fabrication des colorants et le MBOCA. Le CIRC considère également d’autres types d’AA comme le 4-chloro-otho-toluidine en tant qu’agent pouvant provoquer la tumeur maligne ou bénigne de la vessie. Cette dernière est une poche abdominale où s’accumule l’urine venant des uretères. La tumeur pourrait se développer dans la paroi vésicale au niveau de la muqueuse de la vessie ou dans les couches de tissus plus profondes, la musculeuse. Les hommes sont les plus touchés par les tumeurs vésicales.

Selon les estimations, 53 % des tumeurs malignes ou bénignes de la vessie sont attribuées à la consommation de tabac chez les hommes, apparaissant le plus souvent entre 50 à 80 ans. Le taux d’apparition est moins élevé chez la gent féminine. Outre le tabagisme qui est reconnu comme la principale cause du cancer de la vessie, l’exposition aux amines aromatiques est également considérée comme facteur de déclenchement de cette pathologie.

La Sécurité sociale tient compte des lésions prolifératives causées par les amines aromatiques et leurs sels. Elle prend en charge le remboursement du traitement des lésions malignes ou bénignes de l’épithélium vésical, si le patient a été exposé à ces composés nuisibles depuis 5 ans. Le remboursement dure 30 ans surtout pour les ouvriers travaillant dans la fabrication et la manipulation des AA comme le 4-aminobiphényle et sels, le 4,4’diaminobiphényle et sels, le 2-napthylamine et sels, le 2 chloroaniline et sels. Les ouvriers exposés à 2-méthylaniline et sels, à l’auramine, aux colorants provenant de la benzidine tels que le direct black 38, direct brown 95 sont aussi concernés dans la prise en charge de la Sécurité sociale. Ils doivent se référer au tableau n°15 ter RG pour les détails. Le diagnostic, l’examen anatomopathologique et les tests urinaires permettent d’identifier le stade de la maladie.

Bon à savoir : l’exposition professionnelle à ces substances nocives est indiquée dans 7% à 25 % comme source de ce type de tumeur. Le taux est plus élevé dans certains secteurs industriels. Une tumeur maligne qui produit des métastases est susceptible de causer la mort d’un patient si ce dernier ne reçoit pas de traitement adéquat. D’autant plus que le traitement de ce type de pathologie est assez onéreux et pourrait impacter sur le budget d’un foyer. L’adage dit, mieux vaut prévenir que guérir. Il est ainsi prudent de souscrire à une complémentaire santé pour tous ceux qui emploient ou manipulent ces produits dans leur cadre professionnel. La souscription à une mutuelle santé permet de compléter le remboursement de l’Assurance-maladie s’il faut faire face à ces traitements onéreux. Certaines mutuelles proposent un remboursement intéressant pour les postes de soins tels que l’hospitalisation, les opérations chirurgicales, les prélèvements de laboratoire, etc.

Notre conseil : mieux vaut choisir une mutuelle santé qui permet à ses adhérents de se servir d’une carte tiers payant et qui commercialise des formules modulables. L’avantage du tiers payant, c’est qu’il permet aux assurés de ne pas avancer de frais lors de certains soins de santé, tandis que les options modulables aident le souscripteur à ajuster les garanties en fonction de ses besoins. Afin de mieux ficeler son budget, la comparaison des diverses formules des mutuelles santé est aussi intéressante pour l’employé. Il existe des outils gratuits permettant de comparer les coûts de cette prestation. La demande de devis est également gratuite et n’engage pas le demandeur. Dans le cas d’un assuré qui bénéficie déjà d’une couverture de mutuelle du groupe, mais dont le remboursement de cette protection de santé n’est pas satisfaisant, il pourrait également opter pour une sur-complémentaire santé. Cette dernière peut proposer un remboursement optimal pour les postes spécifiques répondant à ses besoins.

Notons d’abord que depuis les restrictions sur l’utilisation de certaines de ces substances chimiques et la baisse de concentration d’hydrocarbures aromatiques polycycliques dans les produits industriels, le nombre de cancers professionnels de vessie affiche une légère baisse. Néanmoins, le meilleur moyen de lutter contre l’apparition des tumeurs urothéliales – qui constituent 90% de ce type de cancer – est de faire un examen clinique tous les ans. L’examen comporte une analyse d’urine et un bilan médical. Cette précaution est nécessaire pour les personnes qui utilisent ces polluants chimiques dangereux. Il faut évidemment arrêter ou réduire la consommation de cigarettes car, la survenue de cette pathologie est surtout à mettre sur le compte du tabagisme.

Les signes évocateurs d’une éventuelle tumeur de la vessie sont les suivants :

  • l’émission du sang par les voies urinaires,
  • l’irritation de la vessie suivie de brûlures et d’infections urinaires. Ce dernier symptôme apparaît notamment chez les personnes plus âgées dû à la baisse de leur système immunitaire.

Le diagnostic médical et les examens cliniques permettent d’identifier l’existence des cellules tumorales. Pour ce faire, le médecin traitant peut conseiller, en premier lieu, l’échographie de l’appareil urinaire. L’examen endoscopique de la vessie permet, quant à lui, d’avoir une précision sur le nombre, la taille et l’aspect de la tumeur.

L’opération chirurgicale permet ensuite d’enlever la grosseur. Cette intervention se fait sous anesthésie. L’examen de l’anatomie de la pathologie du laborantin permet, après ces traitements, de préciser s’il s’agit d’une tumeur maligne ou bénigne. Le choix du traitement, qui va s’ensuivre, dépend du stade et de la topologie de la tumeur. S’il s’agit d’un cancer malin, le médecin peut conseiller la chimiothérapie ou la radiothérapie pour améliorer voire guérir définitivement le patient dans certains cas le cancer. A souligner que l’ablation chirurgicale peut concerner l’utérus, les ovaires et les trompes de Fallope chez les patientes souffrant de cette pathologie.

L’exposition aux amines aromatiques peut causer le cancer de vessie chez les personnes prédisposées à cette pathologie. Les mesures préventives comme l’analyse urinaire tous les ans, l’arrêt de la consommation de tabac permettent de prévenir le développement d’une tumeur vésicale. Cette préconisation s’adresse notamment aux ouvriers qui travaillent dans les secteurs industriels utilisant ces substances nocives.