Mutuelle entreprise : les maladies professionnelles dues au travail agenouillé ou accroupi

Le régime général prend en charge certaines maladies causées par les tâches répétitives d’un salarié au travail ou dues aux conditions ou l’environnement de travail. Si les troubles sont reconnus dans les tableaux du RG et médicalement justifiés, l’assurance-maladie couvre les frais médicaux de ces soins. Dans certains cas, sa reconnaissance donne aussi lieu au versement d’indemnités journalières. Les lésions chroniques du ménisque font partie des maladies indemnisées par la sécurité sociale. Le point sur les conditions de la prise en charge de cette affection ainsi que les mesures utiles pour bénéficier d’un meilleur remboursement des soins.

Le travail habituel d’un employé peut causer diverses affections musculo-squelettiques. Ces dernières peuvent impacter sur leur santé et occasionner des signes cliniques plus ou moins graves. Le régime général et le régime agricole ont décrit des critères pour toutes les affections qu’ils prennent charge. Concernant les lésions méniscales chroniques, les critères du remboursement des frais de soins se trouvent dans le tableau n°79 RG du 23 juin 1985.
Voici les détails des critères permettant de bénéficier de la réparation financière du régime général :

  • les travaux susceptibles de provoquer ces lésions du ménisque sont ceux nécessitant des efforts et de port de charge en position agenouillée ou accroupie.
  • la désignation de la maladie est « lésions chroniques du ménisque à caractère dégénératif ». Ces perturbations doivent être confirmées par des examens complémentaires. Les examens doivent aussi montrer leurs éventuelles complications : craquement ou rupture du ménisque.
  • le patient souffrant de ces affections bénéficient d’une prise en charge pendant 2 ans.

Le régime agricole reconnaît également ces lésions de ménisque au titre de maladie professionnelle dans son tableau n° 53 A du 21 août 1993. Les travaux susceptibles de provoquer cette affection, la durée de la prise en charge ainsi que les symptômes et désignation de l’affection sont les mêmes que ceux du régime général.
Remarque : lorsque ces deux régimes reconnaissent la maladie professionnelle, ils couvrent de nombreux actes à 100 %. Certains actes spécifiques sont pris en charge à hauteur de 150 %. Mais pour le cas de perturbations de ménisque non reconnue par l’assurance maladie, l’assuré devrait payer de sa poche les frais médicaux du traitement. Pour pallier l’absence de remboursement de la sécurité sociale, il est conseillé de souscrire à une mutuelle santé. La souscription à cette assurance complémentaire santé n’est pas coûteuse, or, elle permet de compléter la part non remboursée par l’assurance maladie en fonction des garanties souscrites. Par exemple, elle prend en charge les dépassements d’honoraires des spécialistes du secteur 2, les divers appareillages, la médecine douce, la chambre individuelle lors du séjour en hôpital etc.
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D’abord, le ménisque est une lame de cartilage qui se trouve entre les os, dans les articulations de genoux par exemple. Il sert à stabiliser les pressions du poids du corps et à amortir les chutes du genou. Il facilite aussi le glissement entre les os du fémur et du tibia en assurant la fonction de lubrification. Les ménisques aident également dans la protection de cartilage. Voilà pourquoi les sportifs mettent une orthèse de genou lors de la pratique sportive pour éviter l’apparition de l’arthrose ou le ménisque interne. Lorsqu’une personne est victime des lésions méniscales, elle ressent des douleurs et de blocage au niveau du genou. Elle a la sensation d’un corps étranger. Des douleurs violentes entravent ses mouvements lorsqu’elle se redresse brusquement après avoir été accroupie pendant quelques minutes. Avec les gestes répétitifs au travail (position continuellement accroupie), les lésions dégénératives et les usures progressives des ménisques peuvent apparaître. Les salariés au-delà de la quarantaine sont les plus prédisposés à ce type d’affection. Les risques s’aggravent si leurs jambes présentent des anomalies de l’axe des jambes, s’ils souffrent d’arthrose de genoux ou s’ils font un travail à position accroupi comme le carreleur. Cette affection apparaît souvent aussi chez les athlètes pratiquant le tennis, le football ou le ski.
Le premier syndrome indiquant cette affection peut être la douleur brutale ou le craquement du genou lorsqu’une personne se lève après avoir été accroupie. Ces sensations douloureuses peuvent s’accompagner d’un blocage et du gonflement du genou. Il est alors impossible pour la personne de poursuivre ses activités.
Dans le cas de petits traumatismes répétés, le patient ressent des douleurs mécaniques progressives avec des signes de dérangement des articulations, de blocage de genou ou des épisodes d’épanchement irrégulier des articulations. Ces signes peuvent survenir lors des efforts ou du port de charge.

Lorsqu’un salarié qui travaille souvent dans une position agenouillée ressent de douleur subite et violente au genou lorsqu’il se redresse après avoir été accroupi, il devra se rendre rapidement chez son médecin traitant. Ce dernier est le seul apte à diagnostiquer la cause de gêne et de la douleur. Pour ce, il peut faire un examen clinique et une radiographique de la partie endommagée. Cela permet de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une arthrose. L’IRM lui permet aussi de vérifier le type et la location des lésions de ménisque. A noter que ces derniers peuvent montre des pincements, des fissures ou des déchirures.

Le patient souffrant de cette affection doit d’abord prendre de repos et éviter d’appuyer sur la jambe endolorie. Le médecin peut aussi conseiller une immobilisation par attelle du genou. Si le patient continue de travailler, une aggravation de la lésion pourrait survenir. Pour atténuer les douleurs, le praticien peut également prescrire des médicaments anti-inflammatoires et du paracétamol. Dans le cas grave d’une lésion méniscale, le patient pourrait développer une arthrose de genou. Cette pathologie provient de l’usure progressive des cartilages des articulations qui ne peuvent plus assumer leur fonction.
S’il s’agit d’un cas de lésion traumatique du ménisque ou d’une aggravation des lésions (blocage du genou), le médecin traitant peut prescrire une opération chirurgicale. Cette décision dépend de la douleur et la gêne ressenties par la personne, de la location de la lésion et de son caractère ainsi que l’existence d’autres affections qui risquent de déstabiliser le genou. En pratique, le médecin effectue toujours un traitement médicamenteux avant d’envisager une opération chirurgicale.
L’opération se fait par arthroscopie. Le patient devra auparavant faire une consultation auprès d’un médecin anesthésiste. Une phase de réadaptation est nécessaire après l’intervention chirurgicale.
Enfin concernant l’astuce permettant d’atténuer la douleur avant la prise en charge du médecin, le patient peut prendre quelques glaçons pour soulager l’inflammation de son genou gonflé. Il peut envelopper la glace dans un linge propre avant de la mettre sur son genou.