Mutuelle entreprise : les maladies professionnelles dues au méthacrylate de méthyle

Certaines maladies contractées en service peuvent bénéficier de la reconnaissance de l’assurance maladie au titre des maladies professionnelles. Elles peuvent être consultées dans la liste des 98 tableaux du régime général. La plupart de ces maladies prises en charge sont ceux provenant de l’exposition à certains risques dans le milieu des industries métallurgiques, de bois, de bâtiment etc. Tel est par exemple l’insuffisance respiratoire chronique causée par la manipulation ou l’absorption par voie pulmonaire de méthacrylate de méthyle. Tour d’horizon sur la prise en charge de l’assurance maladie de cette affection, ainsi que ses symptômes, traitement et mesures préventives.

Ce composé organique est un ester de méthane de l’acide méthacrylate. Il se présente sous la forme d’un liquide incolore qui se transforme aisément en vapeur. Ce monomère facilement inflammable est aussi soluble dans l’eau et peut former avec l’éthanol et l’oxyde de diéthyle un mélange homogène. Le méthacrylate de méthyle (MMA) est souvent stocké dans des récipients en acier inoxydable ou en aluminium. Il sert pour la fabrication de produits plastiques en polyméthacrylate de méthyle. Il est également utilisé dans la fabrication des films pour l’optimisation des écrans LCD, et dans la préservation de la décomposition des moulages des organes comme le cœur et dans la fabrication de certains médicaments. L’industrie cosmétique l’utilise aussi dans la fabrication des ongles artificiels.
Les polymères de ce composé très réactif sont également utilisés dans la fabrication des peintures à l’eau et d’adhésif. La chaleur, la lumière, le contact avec les produits oxydants comme l’oxyde de fer, le nitrate etc. activent la polymérisation. Or, cette réaction peut constituer un danger pour la santé.
La toxicité se fait par voie orale, inhalatoire ou par le contact de la peau. Ce produit irrite la peau et les muqueuses. Les expositions chroniques entraînent l’asthme, la rhinite, la conjonctivite, et l’insuffisance respiratoire chronique. Les données disponibles n’indiquent pas si l’infection pourrait conduire au cancer.

Le régime général propose une gratuité de soins et des prestations en espèces en cas d’arrêt de travail pour toutes les pathologies reconnues au titre des maladies professionnelles. Les affections provoquées par le méthacrylate de méthyle figurent dans le tableau numéro 82 RG.
Voici les détails de cette prise en charge :

  • les travailleurs susceptibles de bénéficier de soins gratuits suite aux maladies causées par le méthacrylate de méthyle sont les ouvriers fabriquant les résines acryliques, les matériaux acryliques, l’encre, les colles, les peintures à base de méthacrylate de méthyle. Les artisans qui fabriquent les prothèses dentaires et oculaires et ceux qui emploient ce composé organique dans l’histologie osseuse
  • la sécurité sociale prend en charge le traitement pendant une durée de 7 jours en cas de récidive de rhinite suite à la confirmation par un test suite l’exposition au travail.
  • la prise en charge est également de 7 jours en cas de l’asthme ou de conjonctivite récidivant après l’exposition au risque.
  • en revanche, si le travailleur fait état de lésions sous forme d’eczéma récidivant suite à une confirmation par un test suite à l’exposition au risque, la durée du remboursement du traitement du régime général est de 15 jours.
  • Et dans les cas de manifestations respiratoires chroniques accompagnées de dégradations des épreuves fonctionnelles respiratoires qui surviennent après l’un des symptômes indiqués ci-dessus, le remboursement des soins est d’une durée d’1 an.

Le méthacrylate de méthyle irrite d’une façon modérée la peau, les muqueuses de la respiration, du nez et des yeux. Pour les signes cutanés, le patient peut montrer des symptômes de type d’érythème ou de sécheresse du dos des mains. Chez les prothésistes dentaires et dentistes manipulant le MMA lors de l’utilisation des résines, on observe de type d’eczéma de contact. La manifestation la plus typique est la baisse de la sensibilité tactile associée à des brûlures, des fourmillements ou une sensation de froid. Les patients qui portent des prothèses auditives peuvent aussi montrer de telles sensations.
Sur le plan respiratoire, le travailleur est exposé à la vapeur de cet ester méthylique à partir de 50 ppm, ses voies aériennes supérieures peuvent montrer des signes d’irritation après 20 à 90 mn d’exposition. Dans le cas d’intoxication de plus de 150 ppm, la victime peut tousser, la toux peut s’accompagner des troubles respiratoires obstructifs aux épreuves fonctionnelles respiratoires.
Mais s’il inhale le MMA à des concentrations dépassant 2 000 ppm, il peut contracter un œdème des poumons voire une dépression de la respiration. Les ouvriers fabriquant des appareils orthopédiques en plastique peuvent montrer aussi des cas d’asthmes professionnels.
Outre les problèmes d’insuffisance respiratoire chronique, l’exposition au méthacrylate de méthyle peut aussi provoquer des troubles neurologiques comme les nausées, les migraines, les vertiges, l’asthénie etc. ainsi que des problèmes cardiaques (cardio-myodystrophie) et hépatiques.
Remarque : seules les affections incluses dans ce tableau bénéficient de la prise en charge du régime général. Si l’ouvrier souffre d’un problème hépatique dû à l’exposition au MMA, la sécurité sociale pourrait ne pas prendre en charge le traitement de cette pathologie. Pour bénéficier d’un meilleur remboursement de ses dépenses santé, il convient ainsi de s’adhérer à une mutuelle santé. Cette assurance santé complémentaire a pour but de compléter la prise en charge du régime général. Elle s’adapte pour les besoins des travailleurs indépendants, des ouvriers, des professions libérales etc. Avant l’adhésion, la mise en concurrence des offres des compagnies d’assurances santé est à recommander. Pour ce, l’outil de comparateur mutuelles présent en bas de ce site aide à dénicher en quelques clics la mutuelle moins chère avec les garanties répondant à ses besoins et à son budget. A rappeler toujours que le recours à un comparateur ou à un simulateur de coût des assurances est gratuit et sans engagement.

Un patient souffre d’insuffisance respiratoire chronique lorsque son système respiratoire ne peut pas apporter une quantité suffisante d’oxygène et n’arrive pas à éliminer le CO2. Les signes habituels sont l’essoufflement, la fatigue et les problèmes de respiration. Le patient peut également montrer des signes de maux de tête, d’irritabilité, d’anxiété, de coloration bleue des lèvres etc. Le traitement consiste à une greffe de poumons dans le cas grave ou au recours à l’oxygénothérapie dans le cas d’une affection à un stade avancé. Le médecin traitement peut également prescrire des médicaments et la kinésithérapie si la respiration peut encore être traitée par ces traitements. Dans tous les cas, le malade doit arrêter la consommation de tabac et il doit avoir à sa disposition un équipement individuel pour le protéger contre le risque d’intoxication. L’entreprise devrait aussi revoir la sécurité de son personnel.
Le traitement de l’asthme consiste à la prise des calmants pour atténuer l’inflammation des bronches. Le médecin traitant prescrit le traitement adéquat selon le degré de la sévérité de l’infection. Mais le travailleur doit aussi éviter l’exposition aux allergènes comme le méthacrylate de méthyle. Pour la conjonctivite, le médecin prescrit généralement un médicament anti-allergique, de type collyre. Quant à l’eczéma, le professionnel de santé peut prescrire les dermocorticoïdes sous forme de crème ou de pommades. Dans certains cas, il peut prescrire aussi des antibiotiques oraux, un antihistaminique ou des antiseptiques.