Mutuelle entreprise les maladies professionnelles  : le syndrome irritatif respiratoire chronique

L’Assurance maladie prend en charge certaines pathologies causées par certains risques au travail. Ces affections doivent répondre aux critères de prise en charge définis dans les tableaux de la Sécurité sociale pour être considérées comme maladies indemnisables. Le syndrome irritatif respiratoire chronique dû au carbure métallique fritté figure parmi ces maladies. Tour d’horizon sur cette affection, les traitements et les mesures préventives.

Par définition, la maladie respiratoire chronique est une affection des voies respiratoires et d’autres structures pulmonaires. En général, les facteurs de risques de ces affections sont la pollution de l’air, notamment à l’intérieur des locaux, la pollution atmosphérique, le tabagisme, l’exposition à des risques professionnels, les allergènes, etc. Plusieurs sont les types de maladie respiratoire chronique.

L’asthme :
C’est une inflammation des voies respiratoires. Les symptômes sont parfois l’hyperactivité des bronches qui risquent de se refermer spontanément, surtout sous l’effet d’une certaine provocation comme la fumée, le gaz irritant, le virus et toutes familles d’allergène. Il existe également de l’asthme professionnel qui est causé par certains agents de type chimique ou biologique. Le salarié peut avoir une difficulté à respirer ou manifeste de la toux et/ou des sifflements.

La MPOC :
La maladie pulmonaire obstructive chronique est un ensemble de problèmes respiratoires graves dont la bronchite chronique et l’emphysème qui sont les plus caractéristiques des effets néfastes du tabagisme. Ces effets néfastes se manifestent par une obstruction progressive des voies respiratoires. Cliniquement, la MPOC se manifeste par une toux, un essoufflement et une production de mucus.

Le cancer du poumon :
Le cancer du poumon qui a pour symptôme une toux qui s’intensifie, et par un essoufflement, ou bien par une douleur thoracique, du sang dans le mucus et puis, une respiration sifflante. Cette maladie commence à se manifester à partir de 50 ou 60 ans. Ce cancer est menaçant au risque de se propager dans le reste du corps.

La mucoviscidose :
C’est une maladie génétique dont les symptômes sont (i) la toux prolongée sèche qui peut être accompagnée de crachats, (ii) la ou les douleurs abdominales, (iii) la diarrhée chronique graisseuse et puante, (iv) et aussi la constipation ou l’obstruction intestinale. La mucoviscidose est transmise par deux parents porteurs sains.

L’apnée du sommeil :
Elle représente un risque de maladies cardiovasculaires ou /et d’hypertension artérielle. Le dépistage n’est pas encore systématique. Comme symptômes, il y a le ronflement sévère et quotidien, la respiration haletante durant le sommeil, les réveils en sursauts avec sensation d’étouffement, le sommeil agité.

Les maladies pulmonaires professionnelles :
Elles sont des affections causées ou aggravées par les matériaux utilisés fréquemment par l’ouvrier, par exemple l’inhalation de vapeurs, de poussières ou de gaz. Les effets de ces matériaux sont souvent sous-estimés pourtant les salariés, voire les retraités, subissent les suites fâcheuses des affections et/ou de leur emploi antérieur.

Le carbure est un matériau composite issu de la composition des poudres de carbure de tungstène avec un autre corps simple et un liant métallique. Le carbure propose un nombre infini d’alliages et permet également l’utilisation des additifs pour maximiser la durée de vie du matériau et la résistance à l’usure. Les fabricants utilisant les poudres de carbure et de liant les mélangent et les malaxent afin d’obtenir une masse plastique. Les poudres sont chauffées avant qu’ils ne se fondent afin qu’ils soudent entre eux et forment une pièce unique.

Ce procédé s’appelle frittage. La taille des grains de poudres, le recours aux liants, la densité du matériau utilisé impactent sur la dureté ou la réactivité chimique du matériau obtenu. La plupart des céramiques et des poteries sont obtenus par frittage. Ce matériau composite sert aussi dans la fabrication des outils résistants à l’usure comme les scies, les forets, etc. L’ajout du cobalt sous sa forme frittée lui donne la malléabilité nécessaire pour le revêtement des outils comme les centrifugeuses.

Une grande majorité des professions sont exposées à un risque de maladie contractée au service, mais certaines sont plus concernées que les autres. A titre d’exemple, les ouvriers travaillant dans les industries du bois, dans les industries métallurgiques, dans le bâtiment et travaux publics sont plus prédisposés à des intoxications ou à des pathologies dues aux mauvaises postures au travail. Voici les critères de remboursement de la Sécurité sociale des affections causées par le cobalt et le carbure métallique frittée. Ces critères se trouvent dans le tableau numéro 70 bis RG :

 

  • les principaux travaux pouvant provoquer ces affections sont ceux qui tournent autour de la transformation et de la fabrication des carbures métalliques fritées. Les ouvriers qui affûtent les outils conçus avec ce matériau sont également susceptibles de contracter ces maladies. Ces ouvriers peuvent montrer le syndrome respiratoire irritatif provoquant la toux ou la dyspnée. La prise en charge de la Sécurité sociale pour ce type d’affection est de 15 jours.
  • les ouvriers qui fabriquent les alliages à base de cobalt ou qui affûtent les équipements en alliage à base de cobalt sont également concernés. La Sécurité sociale rembourse le traitement d’un broncho-alvéolite aigu ou subaigu pendant 30 jours.
  • la Sécurité sociale reconnaît aussi comme maladie professionnelle indemnisable les pathologies comme la fibrose pulmonaire causée par la soudure des superalliages à base de cobalt. Le patient doit montrer des examens confirmant les troubles respiratoires et ses complications comme l’infection pulmonaire ou l’insuffisance ventriculaire droite. La durée de la prise en charge de la Sécurité sociale de cette maladie est de 20 ans.

 

A noter que l’appareil respiratoire peut devenir le siège de nombreuses infections comme la tumeur, l’inflammation de poumons, l’infection, etc. Il est indispensable de consulter son médecin traitant qui fera un diagnostic rapide dès que l’on a un essoufflement inhabituel en faisant un effort physique, une toux irritative ou sèche, etc.

Remarque : le syndrome irritatif respiratoire chronique dû à l’exposition à un environnement de travail ou à des symptômes ne correspondant pas aux critères imposés par l’Assurance maladie n’est pas reconnu comme maladie professionnelle. L’adhésion à une assurance santé complémentaire est ainsi recommandé car, elle intervient en complément du remboursement manquant du Régime général. Pour trouver la mutuelle la moins chère avec la garantie adéquate selon ses besoins, il est conseillé de recourir au comparateur de mutuelle. Cet outil gratuit aide à mettre en concurrence en quelques clics les tarifs et les offres des assureurs commercialisant la mutuelle santé. A noter également que beaucoup de mutuelles santé proposent des contrats modulables, c’est-à-dire, le souscripteur peut choisir le remboursement de la garantie qui lui convient.

Les signes cliniques les plus courants sont la dyspnée, la toux grasse ou sèche et la gêne de respiration. Dans le cas d’un broncho-alvéolite, le patient peut avoir une toux sifflante et persistante. Ce symptôme peut s’accompagner d’une sensation de brûlure lorsque la personne tousse. Ses toux sont souvent colorées.

Dans le cas d’une fibrose pulmonaire, le malade a aussi des difficultés à respirer de plus en plus graves. La respiration réduite s’accompagne aussi d’une toux sèche et persistante. Le patient perd également l’appétit et il ressent une faiblesse générale ainsi que des gonflements des doigts. Beaucoup de malades ne ressentent pas de gêne de respiration au début de la maladie, mais ils apparaissent lorsque la personne fait des efforts.

C’est pour cette raison que la consultation chez son médecin traitant est préconisée dès le moindre signe de syndrome irritatif de la respiration. A défaut de ne pas intervenir dès le début de la maladie, l’affection pourrait s’aggraver. Ce qui pourrait nécessiter une intervention chirurgicale ou autres traitements plus coûteux.

Le médecin traitant effectue des examens médicaux permettant de confirmer la désignation de la maladie. Cela inclut des tests de la respiration, des analyses du sang, des radiographies des poumons et éventuellement, une biopsie de poumons s’il suspecte une fibrose pulmonaire. Outre l’exposition professionnelle au cobalt et au carbure métallique frittée, d’autres facteurs de risque peuvent aussi causés cette maladie. Ces facteurs sont l’âge, la consommation de tabac, la prise de certains médicaments ou encore l’antécédent médical de la famille.

Dans tous les cas, le malade devrait arrêter la consommation de tabac, traiter son problème dentaire et ORL et choisir un régime sain. Naturellement, des mesures comme l’identification et l’isolation des zones provoquant l’infection, le respect de maintien des équipements de travail et le respect des consignes de sécurité doivent être prises pour éviter la survenance de l’affection chez un autre ouvrier.

Selon les symptômes et la gravité de l’infection, le professionnel de santé peut choisir divers traitements. Dans le cas d’une fibrose pulmonaire, par exemple, il prescrit la prise des médicaments à base de corticoïdes permettant de réduire les douleurs dues à la perforation des alvéoles. Il peut aussi proposer au patient l’usage d’un masque d’oxygène ou des séances d’oxygénothérapie pour améliorer sa respiration. Les exercices de réhabilitation de la respiration proposés par le médecin doivent être aussi accompagnés d’un régime alimentaire sain. Si la maladie est à un stade avance, le médecin pourrait prescrire une transplantation de poumon.

Le traitement de la surcharge du ventricule droit nécessite soit une revascularisation soit un drainage péricardique suivi d’un traitement anticoagulant. Si la maladie est à un stade avancé, le médecin traitant peut prescrire une épuration extra-rénale. A son stade initial, le recours à des antibiotiques est également courant pour traiter le syndrome irritatif respiratoire.