Maladies professionnelles dues à l’hyperbarie : tableau 29, reconnaissance et prise en charge
- Maladies professionnelles dues à l’hyperbarie : définition, métiers exposés et tableau 29
- Tableau 29 : quelles maladies professionnelles sont dues à l’hyperbarie ?
- Hyperbarie et maladie professionnelle : conditions de reconnaissance, délais et prise en charge
- Mutuelle entreprise et hyperbarie : que couvre-t-elle après la reconnaissance d’une maladie professionnelle ?
- Prévention du risque hyperbare en entreprise : aptitude, sécurité et suivi des expositions
Certaines activités professionnelles exposent les salariés à une pression supérieure à la pression atmosphérique. Plongée professionnelle, travaux subaquatiques, travaux de tubistes ou autres interventions en milieu hyperbare peuvent provoquer des lésions susceptibles d’être reconnues comme maladies professionnelles. Le tableau 29 du régime général encadre ces atteintes. La mutuelle d’entreprise intervient ensuite pour certains frais restant à charge, selon les garanties souscrites.
Pour choisir une couverture adaptée aux salariés exposés, il peut être utile de comparer les mutuelles d’entreprise adaptées aux besoins et au profil des salariés, notamment sur l’hospitalisation et l’audiologie.
Maladies professionnelles dues à l’hyperbarie : définition, métiers exposés et tableau 29
Le travail en milieu hyperbare correspond à une activité exercée sous une pression supérieure à la pression atmosphérique normale. Il concerne notamment les plongeurs professionnels, scaphandriers, tubistes et salariés intervenant dans certains chantiers subaquatiques ou installations pressurisées. Compression et décompression peuvent provoquer des atteintes aiguës ou différées.
Le tableau 29 des maladies professionnelles du régime général recense les lésions susceptibles d’être provoquées par ces travaux. Il ne faut pas confondre ce risque avec l’oxygénothérapie hyperbare, qui est un traitement médical réalisé dans un caisson. Ici, l’hyperbarie constitue une exposition professionnelle.
Pour apprécier le risque, plusieurs paramètres doivent être examinés :
- travail en immersion ou en atmosphère pressurisée ;
- niveau de pression et durée de l’intervention ;
- fréquence des compressions et décompressions ;
- organisation des secours ;
- aptitude et qualification des travailleurs exposés.
Tableau 29 : quelles maladies professionnelles sont dues à l’hyperbarie ?
Le tableau 29 vise plusieurs atteintes caractéristiques. L’ostéonécrose avec ou sans atteinte articulaire peut concerner l’épaule, la hanche ou le genou et doit être confirmée radiologiquement. Le syndrome vertigineux doit être confirmé par une épreuve labyrinthique. Les otites moyennes subaiguës ou chroniques sont également visées. Enfin, une hypoacousie par lésion cochléaire irréversible peut être reconnue, avec ou sans troubles labyrinthiques, selon les critères médicaux prévus par le tableau.
L’hypoacousie liée à l’hyperbarie ne doit pas être assimilée automatiquement à la surdité provoquée par le bruit. Cette dernière relève principalement du tableau 42 lorsqu’elle résulte d’une exposition professionnelle à des bruits lésionnels. Les critères de reconnaissance sont différents.
Les symptômes varient : douleurs articulaires persistantes, vertiges, troubles de l’équilibre, gêne auriculaire, diminution de l’audition ou acouphènes. Tout symptôme survenant après une exposition hyperbare justifie une évaluation médicale rapide.
Hyperbarie et maladie professionnelle : conditions de reconnaissance, délais et prise en charge
La présence d’une pathologie ne suffit pas à obtenir une reconnaissance automatique. La caisse examine la maladie diagnostiquée, le délai de prise en charge et la nature des travaux effectués. Le tableau 29 prévoit des délais différents selon les lésions, pouvant atteindre vingt ans pour certaines ostéonécroses.
Lorsqu’une maladie professionnelle est reconnue, les soins liés à cette affection sont pris en charge à 100 % sur la base et dans la limite des tarifs de l’Assurance maladie et fonctionnement des remboursements de santé. Cela ne signifie pas que toutes les dépenses réelles sont intégralement couvertes : des dépassements ou prestations hors tarif peuvent subsister.
La reconnaissance peut aussi ouvrir droit, selon la situation, à des indemnités journalières pendant un arrêt de travail et, lorsque des séquelles justifient un taux d’incapacité permanente, à une indemnité en capital ou à une rente selon ce taux. Il faut donc distinguer le délai de prise en charge prévu par un tableau de la durée de remboursement des soins.
Mutuelle entreprise et hyperbarie : que couvre-t-elle après la reconnaissance d’une maladie professionnelle ?
La mutuelle d’entreprise ne remplace pas le régime des accidents du travail et maladies professionnelles. Elle peut compléter certains frais non intégralement couverts, dans les limites du contrat. Une mutuelle santé d’entreprise à comparer selon ses garanties complémentaires doit donc être évaluée sur ses remboursements concrets.
Selon les dépenses restant effectivement à charge et les garanties du contrat, les postes à vérifier peuvent notamment concerner :
- les dépassements d’honoraires de spécialistes ;
- l’hospitalisation et la chambre particulière ;
- les aides auditives lorsqu’un appareillage est nécessaire ;
- les soins ou équipements hors base de remboursement ;
- les services d’assistance prévus au contrat.
Pour les aides auditives éligibles, le dispositif 100 % Santé peut supprimer le reste à charge sur les équipements de classe I lorsque les conditions réglementaires sont réunies et que le salarié bénéficie d’un contrat responsable. Les équipements hors panier restent soumis aux garanties et plafonds du contrat.
Prévention du risque hyperbare en entreprise : aptitude, sécurité et suivi des expositions
La prévention reste prioritaire. L’employeur doit évaluer le risque hyperbare et organiser les interventions selon les règles applicables. Les travailleurs affectés à un poste exposant au risque hyperbare bénéficient d’un suivi individuel renforcé de leur état de santé, avec un examen médical d’aptitude réalisé dans le cadre prévu par la réglementation. Les procédures de compression, de décompression et de secours doivent être adaptées aux conditions réelles.
La traçabilité est également importante. Pour chaque intervention ou travail en milieu hyperbare, une fiche de sécurité assure notamment la traçabilité de la date, du lieu, des travailleurs concernés, des durées d’exposition, des pressions relatives et des mélanges utilisés, selon les règles applicables. Après une intervention, douleurs inhabituelles, vertiges, troubles auditifs ou symptômes neurologiques ne doivent pas être banalisés. Une évaluation médicale rapide aide à identifier un éventuel lien professionnel.
Une protection efficace repose donc sur trois niveaux : prévention du risque par l’entreprise, reconnaissance et prise en charge par le régime AT/MP lorsqu’une maladie professionnelle est établie, puis intervention éventuelle de la mutuelle collective sur certains frais résiduels selon le contrat.
Points essentiels : La prise en charge des maladies professionnelles s’inscrit dans le cadre légal des mutuelles d’entreprise qui définit les garanties applicables.

