Rayonnement thermique et poussières : ptérygion professionnel et mutuelle d’entreprise

Le tableau 71 bis reconnaît le ptérygion lié au rayonnement thermique associé aux poussières dans certains travaux de verrerie à la main. Son délai de prise en charge est de 15 ans. En cas de reconnaissance professionnelle, l’Assurance Maladie intervient d’abord ; la mutuelle d’entreprise complète certains frais selon le contrat.

Le tableau 71 bis du régime général vise le ptérygion. Il ne couvre pas toutes les maladies provoquées par la chaleur ou les poussières. Il cible une exposition conjointe au rayonnement thermique, principalement infrarouge, et aux poussières dans la verrerie à la main. Le délai de prise en charge est de 15 ans et la liste des travaux est limitative.

Le tableau ne vise pas tous les salariés exposés à la chaleur. Il retient des tâches précises où rayonnement thermique et poussières sont associés :

  • surveillance de la marche des fours à verre ;
  • cueillette du verre chaud ;
  • soufflage du verre ;
  • façonnage à chaud du verre.

Le BTP, les carrières ou les menuiseries ne relèvent donc pas automatiquement du tableau 71 bis. D’autres tableaux peuvent correspondre aux risques propres à ces activités.

Le ptérygion est un épaississement vascularisé de la conjonctive qui peut progresser vers la cornée. Rougeur, irritation, larmoiement, démangeaisons ou gêne visuelle peuvent apparaître. L’évolution est souvent lente et sans régression spontanée. L’ophtalmologiste évalue l’extension de la lésion et son retentissement. Le salarié exposé doit signaler ses postes et conditions de travail au médecin. Le diagnostic médical ne suffit toutefois pas, à lui seul, à établir la reconnaissance professionnelle.

Les deux tableaux concernent l’œil, mais pas la même affection. Le tableau 71 vise la cataracte après exposition habituelle au rayonnement thermique de verre ou de métal porté à incandescence. Le tableau 71 bis concerne le ptérygion lié au rayonnement thermique associé aux poussières dans certains travaux de verrerie à la main. Les deux prévoient un délai de prise en charge de 15 ans. Cette distinction évite d’attribuer au tableau 71 bis toutes les lésions oculaires provoquées par la chaleur. Pour le diagnostic, le traitement et les remboursements hors contexte professionnel, consulter également le dossier consacré à la cataracte chez les seniors.

Le délai de prise en charge de 15 ans prévu par le tableau 71 bis ne doit pas être confondu avec le délai pour déclarer la maladie professionnelle à la caisse. Le salarié adresse sa demande à la CPAM avec la déclaration et le certificat médical initial. En 2026, l’Assurance Maladie indique un délai de deux ans pour transmettre le dossier à partir de la rédaction du certificat médical initial. L’instruction dure quatre mois lorsque la maladie figure dans un tableau et que toutes ses conditions sont remplies. Elle peut atteindre huit mois lorsqu’une condition du tableau manque ou lorsque la maladie ne figure dans aucun tableau, notamment en raison de la procédure devant le CRRMP. Le parcours de reconnaissance d’une maladie professionnelle détaille ces démarches.

Si une condition manque, un CRRMP peut intervenir.

Après reconnaissance, les soins liés à la maladie professionnelle sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite de ses tarifs. La mutuelle d’entreprise n’est donc pas le premier payeur. Selon le contrat, elle peut compléter certains dépassements d’honoraires ou autres frais restant à charge. Il faut vérifier la notice pour l’ophtalmologie, l’hospitalisation et les équipements optiques. Aucun remboursement spécifique au ptérygion ne peut être présumé sans consulter les garanties souscrites.

Les trois dispositifs ont des fonctions différentes. L’Assurance Maladie rembourse les soins liés et verse les indemnités journalières AT/MP. En 2026, elles représentent 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e jour, sous plafonds. La mutuelle complète des frais médicaux selon le contrat. Une prévoyance collective peut compléter le revenu en cas d’incapacité ou d’invalidité selon ses garanties. Ces règles ne doivent pas être confondues avec les indemnités journalières applicables aux professions libérales.

La prévention doit d’abord réduire l’exposition à la source. L’employeur évalue le risque dans le DUERP et adapte les mesures au poste :

  • captage des poussières au plus près de leur émission ;
  • écrans entre la source infrarouge et les yeux ;
  • lunettes adaptées aux poussières et au rayonnement thermique ;
  • information des salariés et suivi par la santé au travail.

Ces mesures complètent l’évaluation des risques professionnels et la protection collective mise en place dans l’entreprise.