Tarif moyen des mutuelles santé entreprise

La généralisation de l’assurance complémentaire santé sera bénéfique financièrement aux employeurs et salariés qui n’étaient jusqu’ici pas couverts dans le cadre de l’entreprise.

Selon le directeur général du cabinet d’actuariat Adding, Jean-Philippe Allory, « la généralisation de la complémentaire santé va coûter au minimum 15€ par mois et par salarié. Selon la directrice de la souscription chez Malakoff Médéric « le prix sera en moyenne de 23 à 27€ par mois, dans les entreprises où les salariés ont un âge moyen de 42 ans. Ce coût sera de 15€ pour une entreprise en province dont l’âge moyen des salariés serait de 30 ans et 45€ quand l’âge moyen des salariés serait supérieur à 50 ans pour une entreprise située en région parisienne ». Le tarif dépend de l’âge moyen du groupe assuré et des zones géographiques qui pratiqueraient les dépassements d’honoraire.

Pour le directeur de la protection sociale chez Optimind Winter, il faut être vigilant avec les prix « d’appel très compétitif sur le panier de soins minimum obligatoire » car l’entreprise se rattrapera « sur les garanties optionnelles ».Avec la rude concurrence, « le contexte est propice aux tarifs très ajustés, mais qui finiront nécessairement par être redressés, avec des hausses insupportables (…) de plus de 200% ». Dans ces cas, il vaut mieux favoriser la« formule durable et pérenne ».

Parallèlement, la réforme des contrats responsables induit une économie modérée pour les entreprises déjà équipées en contrat haut de gamme.

La généralisation des complémentaires à tous les salariés impacte peu les entreprises déjà assurées. Elles seront même plus équipées avec les nouveaux contrats « responsables » qu’elles doivent respecter afin de continuer à bénéficier des avantages fiscaux et sociaux y afférents. Elles pourront même faire des économies sur leur cotisation d’assurance santé avec ces contrats responsables (en attente du décret)* qui limiteraient les remboursements sur les dépassements d’honoraires de consultations et sur les dépenses d’optique. Or, ces entreprises ont parfois des assurances de niveau plus élevé et devront revoir leurs prestations à la baisse pour avoir ces avantages des contrats responsables.

Selon la directrice de souscription de chez Malakoff Médéric, « les garanties moyennes des consultations varient de 200 à 400% du remboursement de la Sécurité Sociale ». Après publication du décret, ce remboursement sera fixé à 200%.« Ce qui conduirait à une perte de couverture pour les salariés qui seront moins remboursés en cas de dépassements d’honoraires importants ». En région parisienne, 15% des actes chirurgicaux ont un reste à charge pour l’assuré contre 70% après le décret ou 274€ à charge. En région lyonnaise, c’est 3% des actes chirurgicaux ont un reste à charge contre 46% après le décret ou 173€. Pour l’optique, l’impact sera amorti grâce au réseau de soins qui limite la dépense à un niveau inférieur à ces plafonds. « Au final, les entreprises qui détiennent un contrat très haut de gamme pourraient voir leur régime être impacté au maximum jusqu’à 6% ».