La démence à corps de Lewy (DCL) c’est quoi ?

Le nom de ce type de démence vient en l’honneur du docteur Friedrich Heinrich Lewy qui a été au début du 20ème siècle le premier à faire la découverte des dépôts anormaux de protéines dans les cerveaux des malades. Les syndromes sont accompagnés entre autres des séries de troubles relatifs aux maladies de Parkinson et à la maladie d’Alzheimer. Mais à la différence de la maladie d’Alzeihmer où la taille du cerveau du patient diminue, le malade souffrant de DCL ne montre pas de signe d’atrophie. L’établissement du diagnostic est assez difficile du fait de la confusion des symptômes avec les formes démentielles de l’Alzheimer. Mais ce type de maladie se rencontre plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes. Zoom sur les causes, les syndromes, le diagnostic et traitement de cette maladie des seniors.

La première description de cette démence qui figure parmi le 1 dixième des démences existantes a été établie en 1961. Pour l’info, elle est la deuxième cause de démence chez les sujets âgés. Son diagnostic n’a été fait qu’au milieu des années 1990. En ces temps-là, on a alors découvert la coloration de la protéine baptisée alpha-synucléine. Celle-ci montre la présence de corps de Lewy dans le tronc cérébral et dans la couche externe des cerveaux des patients atteints. L’amas de ces protéines dans les cellules cérébrales trouble le bon fonctionnement des parties du cerveau atteint. Les fonctions cognitives et le mouvement sont les plus touchés. Ce qui entraîne l’affaiblissement de facultés psychiques et intellectuelles résultant dans une perte d’autonomie. Sur certains points, la DCL a des points en commun avec la maladie d’Alzheimer et de celle de Parkinson, mais la différence réside dans son évolution rapide et une dégradation plus marquée des facultés mentales. A noter que son développement rapide peut se faire seul aussi, mais elle peut également être associée à l’incidence des deux autres maladies séniles Parkinson et Alzheimer. Jusqu’à ce jour, les chercheurs n’ont pu déterminer les causes exactes de cette pathologie. Il est possible que l’apparition de cette maladie a des causes génétiques. Mais il n’existe pas encore de traitement efficace pour guérir définitivement le cerveau lésé. Il est cependant possible de soulager ou d’inhiber la progression de la démence grâce à l’usage de certains médicaments.
Bon à savoir : cette maladie atteint 1 sur 20 jusqu’à 1/1000 des sujets âgés de plus de 60 ans. La souscription à une mutuelle seniors est conseillée pour bénéficier d’un meilleur remboursement du traitement de cette démence.

Les manifestions de syndromes dépendent de la propagation et de la localisation des corps de Lewy. Ces derniers peuvent entraîner des pertes ou des troubles de mémoire, d’hallucinations, de difficulté d’orientation, de brusque endormissement pendant le jour mais insomnie pendant la nuit, de perte de fonctions intellectuelles (incapacité de raisonner ou à faire de calcul simple), voire des anxiétés, de dépression ou d’apathie. Ce dernier caractéristique se traduit par une absence d’intérêt à son entourage. Le patient peut également souffrir de rigidité de muscles, de tremblements, des problèmes dans la marche ou dans les mouvements. Et bien évidemment sa capacité de l’attention et de la vigilance connaîtra aussi une baisse. L’intensité de ces caractéristiques de la démence varie d’un jour à l’autre. A part cela, il existe d’autres manifestations qui pourraient indiquer la présence de la maladie. Citons entre autres, la chute fréquente du sujet âgé, la perte momentanée de la sensibilité et du mouvement, les divagations systématisées, le trouble du comportement pendant le sommeil et l’état dépressif. Les différents troubles de l’amnésie et visio-spatiaux provoquent les chutes et la manque d’autonomie. Les confusions et les hallucinations visuelles (des personnages vivants ou décédés etc.) sont fréquentes au fur et à mesure que la maladie progresse. Le patient perçoit des personnes, des animaux etc. Enfin, l’intolérance aux neuroleptiques pourrait également évoquer cette démence. A souligner que la fréquence de tremblements est plus rare avec cette maladie qu’avec la maladie de Parkinson.

Comme cette démence réunit les caractéristiques de maladie d’Alzheimer et de Parkinson, il est assez difficile de déterminer la nature de cette maladie. L’établissement du diagnostic se fait après l’examen clinique du malade. Cet examen a pour objet d’évaluer les capacités cognitives et les troubles moteurs du patient. Cela exige un certain nombre d’examens neuropsychologiques pour estimer la déficience des dites capacités. Il y a en premier lieu l’examen de dosage du taux de l’alpha-synucléine dans le sang. Dans le DCL, le taux de ce protéine et moins important que dans la maladie d’Alzheimer. L’étude de l’électroencéphalogramme permet aussi de voir des ondes lentes. Cependant, si on fait passer par un scanner du cerveau le patient, on ne découvre rien d’anormal dans le cerveau. En faisant une radiographie sur la partie atteinte par un procédé d’émission de positons, le médecin pourrait aussi découvrir une partie de la partie inférieure et supérieure de la tête qui le distingue de la maladie d’Alzheimer. La DCL pourrait apparaître en même temps que le symptôme extra-pyramidal alors que la maladie de Parkinson survient dans la plupart de temps un an après l’évolution dudit syndrome. La DCL et ainsi une pathologie complexe neurodégénerative qui tient quelques symptômes de la maladie d’Alzheimer et de la maladie de Parkinson. Pour évaluer la gravité de la maladie, les médecins se servent des examens neurologiques. Le degré de raideur de muscles, la démarche et la position du corps indiquent le stade d’évolution de la démence.

A ce jour, cette démence ne peut pas être guérie. Mais il existe quelques médicaments qui aident au traitement des divers symptômes. Ces médicaments sont utilisés dans le cadre du traitement de la maladie de Parkinson, de l’état dépressif et des troubles des hallucinations. Ces palliatifs peuvent quelquefois stimuler la perspicacité intellectuelle et les facultés cognitives du malade, selon l’état du malade concerné. Toutefois, comme il existe de confusion entre les symptômes de DCL et la maladie de Parkinson, l’usage de médicaments n’est pas toujours efficace à 100%. En traitant un symptôme, le médecin pourrait se trouver en face d’une aggravation d’une autre maladie. Il lui arrive ainsi de traiter les symptômes selon leur gravité. Le recours aux médicaments se fait évidemment après avoir fait les tests psychométriques, l’IRM cérébrale ou la tomographie. Si des corps de Lewy sont visibles dans le diagnostic, le médecin propose un médicament comme la rivastigmine qui aide à alléger les hallucinations tout en atténuant les angoisses et les troubles du sommeil du malade. Ensuite, selon la gravité de la démence, le recours à un orthophoniste, un kinésithérapeute, un masseur ou un ophtalmologiste pourrait être indispensable. D’autres traitements tels que la réflexologie, la musicothérapie… peuvent également aider le patient.

La démence à corps de Lewy est une maladie dégénérative du cerveau. A son stade initial, elle se présente comme un problème d’attention du sujet âgé. Mais à mesure que la maladie évolue, le patient présente des signes de perte de mémoire, de répétition de chutes, des pertes d’équilibres, des syncopes répétées, des hallucinations et de dépression. Dès l’apparition de ces syndromes, il est conseillé de consulter un médecin qui enverra le malade chez le neurologue ou chez le médecin gériatre.