Santé des personnes âgées : le DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une forme de maladie évolutive de la rétine qui touche plus de 25% des sujets âgés. Elle entraîne la malvoyance. Bien qu’elle puisse toucher tous les âges, elle est la première cause de perte ou de la baisse progressive de l’acuité visuelle chez les personnes de plus de 50 ans. Sauf cas exceptionnel, cette pathologie ne rend jamais complètement aveugle mais elle peut gâcher la qualité de vie des personnes atteintes. Pour éviter l’apparition de cette affection, lisez notre guide sur les symptômes, les traitements et les préventions contre le DMLA.

Le cristallin fait converger les rayons lumineux sur la rétine. Il s’agit d’une membrane sensible de l’œil qui couvre son intérieur. Elle contient deux types de cellules photosensibles : les cônes et les bâtonnets qui fonctionnent aux intensités de lumières. Mais c’est la zone centrale de 2 diamètres environ appelé macula ou tache jaune qui produit une perception nette des images et qui les transmet au cerveau à travers le nerf optique. Les gens affectés par la dégénérescence maculaire liée à l’âge font signe de lésions jaunâtres dans cette zone. Ces lésions deviennent par la suite de cicatrice parce que le cycle d’élimination et de renouvellement des pigments visuels est perturbé. Ces derniers s’accumulent dans la dépression de la rétine appelée aussi macula. L’irrigation de l’œil devient alors difficile et la vision de la personne atteinte est affectée. Une tâche floue peut apparaître au centre du champ de la vision, mais la perception de la vue périphérique ou latérale ne sera pas atteinte.

On distingue deux formes de DMLA. A son début, il y a la maculopathie liée à l’âge qui se caractérise par l’amoncellement de dépôts blanchâtres sur la rétine et l’anomalie de la couche externe pigmentée de la rétine. On peut voir ces dépôts en examinant le fond de l’œil. A ce stade, il n’existe pas encore de dégénérescence. Les signes évocateurs sont le malaise éprouvé en lisant ou en écrivant quelque chose. L’acuité visuelle et la sensibilité aux contrastes du sujet diminuent également d’une façon progressive. Presque la majorité des patients souffrent de ce premier type de DMLA. La deuxième forme moins rare se définit comme la formation inaccoutumée de nouveaux vaisseaux sanguins sous la rétine. Ce qui provoque la gêne de vision et de trous dans la tache jaune. On peut observer ces trous dans le fond de l’œil. Les vaisseaux vont produire du sérum qui soulève la macula et vont causer de déformation, voire une hémorragie. Les lignes que la personne voit sont déformées. Cette évolution humide pourrait mener éventuellement à une perte de la vision centrale au bout de quelques années. La forme atrophique ne peut pas être guérie, mais la personne atteinte peut tant bien que mal avoir une mode de vie normale si l’autre œil n’est pas touché. Le risque d’atteinte de deux yeux s’élève à 42% au bout de 5 ans. En effet, dans ces deux formes de dégénérescence de la macula, la baisse de vision peut survenir dans l’œil, mais la santé de l’autre reste intacte.
Le DMLA n’entraîne pas généralement la cécité totale. Mais à cause du problème de vision, le sujet pourrait avoir du mal à conduire une voiture. Il peut aussi faire des chutes s’il y a une faible lumière dans l’endroit où il habite. L’aménagement de l’intérieur est donc indispensable pour le senior touché par cette maladie.
Bon à savoir : aucun signe perceptible n’indique la présence de la maladie à son stade initiale. La découverte de la maladie pourrait être faite alors sur la tard. Par ailleurs, la prise en charge et le traitement de cette pathologie dure plusieurs années. Une souscription à une mutuelle senior s’avère ainsi indispensable pour obtenir un remboursement efficace d’un dépistage précoce de la DMLA et des éventuels soins oculaires.

Si on ne connait pas en grande partie les causes de la DMLA, plusieurs facteurs peuvent prédisposer à cette affection. Il y a d’abord le vieillissement ou l’âge. On enregistre 1 sur 7 des seniors âgés entre 55 à 64 ans souffrant de cette maladie. Ceux qui ont des antécédents familiaux de DMLA ont une disposition naturelle à être touchés. Outre la prédisposition génétique, le mode de vie est également un facteur de risque. L’abus de tabac favorise l’apparition de l’affection. Les non-fumeurs ont moins de risques de contracter la maladie. Le taux de cholestérol ou de tension supérieure à la normale peut également causer l’apparition de cette affection. Les personnes ayant une peau claire et ceux qui souffrent de surpoids sont également des terrains favorables à la DMLA. Enfin, l’inflammation pourrait être aussi un facteur causant la dégénérescence maculaire.

Seul un dépistage précoce permet de bien soigner et d’éviter l’évolution de la maladie. Une consultation annuelle chez le médecin ophtalmologiste est à conseiller pour les seniors âgés de plus de 55 ans. On peut également utiliser la grille d’Adler pour vérifier l’état de santé de chacun de ses yeux. Si on voit les lignes courbées ou déformées dans la grille où se trouvent normalement des lignes droites, une anomalie caractéristique de la tache jaune n’est pas à exclure. Par ailleurs, en examinant le fond de l ‘œil du patient, le professionnel de santé pourrait y trouver des symptômes indiquant la présence de DMLA. Mais pour confirmer son diagnostic, il pourrait demander au patient des tests complémentaires tels que l’angiographie ou l’OCT. Le premier examen permet de prendre en photo les vaisseaux de la rétine. Tandis que le deuxième permet d’explorer l’anatomie des couches de tissus de la rétine. Il permet de vérifier l’aggravation de la maladie vers le deuxième type, la DMLA humide.

Les traitements concernent uniquement la forme humide. Les recherches sur le traitement de la forme sèche n’ont pas encore abouti. La forme humide peut être traitée par des inhibiteurs de VGEF (il s’agit des injections dans la cavité oculaire sise à l’arrière du cristallin). La technique de photocoagulation a été aussi utilisée. Elle consiste à détruire les vaisseaux anormaux à l’aide d’une injection par voie intraveineuse d’un produit photosensible. Mais l’effet n’est pas assuré. Le blocage de vaisseaux atteints par les traitements anti-angiogéniques est également utilisé. D’autres recherches sont en cours concernant l’irradiation au laser de l’œil qui produit de liquide.

L’arrêt du tabac et la surveillance de son taux de cholestérol et de son hypertension sont parmi les moyens de prévention de cette maladie. En outre, une alimentation riche en antioxydants comme la vitamine C ou la vitamine E, ainsi que certains minéraux comme le zinc et le sélenium peuvent également freiner l’évolution de l’affection. Les aliments contenant des acides gras polyinsaturés tels que les poissons gras, les sardines, le saumon etc. ainsi que les nourritures contenant la lutéine comme le chou, le navet contribuent également au ralentissement de l’aggravation des symptômes.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une affection invalidante de la vision. Elle apparaît notamment chez les personnes âgées et se caractérise par la disparition progressive de la vision centrale. La consultation chez l’ophtalmologiste constitue le meilleur moyen pour prévenir l’apparition de cette maladie.