Mutuelle entreprise : les maladies professionnelles dues à la silice

La pneumopathie se réfère à toutes les infections du poumon dues à la présence des bactéries, des champignons, des virus ou par l’inhalation ou la manipulation des substances toxiques comme la silice. Le développement des microbes pathogènes peut toucher les alvéoles, les interstices d’un tissu, les bronches et les poumons. Le régime général prend en charge le traitement de cas aigu de cette maladie pour les travaux susceptibles de provoquer l’infection. Tour d’horizon sur l’indemnisation du régime général, les symptômes et les préventions des risques liés à cette maladie.

Le dioxyde de silicium existe sous forme de quartz, de gel, de silice colloïdale etc. La variété amorphe peut être utilisée dans la lutte contre les acariens tandis que la forme cristalline sert dans la fabrication des verres, des bétons, des enduits etc. C’est cette dernière qui est classée agent cancérogène par le centre international de recherche contre le cancer. Elle peut provoquer la pneumopathie et les cancers de bronches et de poumons à cause de ses effets toxiques. La silice cristalline peut avoir la forme de quartz, de cristobalite ou de tridymite. L’Union européenne ne reconnaît pas la cancerogenité de cette substance. Cependant, le régime général indemnise le cancer bronchopulmonaire, la silicose aigüe, la silicose chronique causée par l’inhalation de poussières contenant de la silice cristalline, des silicates cristallins, du graphite ou de la houille. Cette prise en charge se trouve dans le tableau n° 25 du RG.
Voici les détails de cette indemnisation :

  • les travailleurs susceptibles de bénéficier de cette prise en charge sont ceux qui travaillent dans les chantiers de forage, d’abattage et ceux qui extraient ou transportent les minerais contenant de la silice cristalline. On retrouve également les ouvriers qui creusent des galeries ou des bures dans les mines, ceux qui s’occupent de concassage, de broyage, de malaxage, de meulage, de taille, de ponçage ou de polissage à sec de roches ou de minerais contenant cette substance. Les ouvriers qui extraient, polissent de l’ardoise, ou l’utilisent dans la préparation de mastic, les ouvriers fabricant de verre, de porcelaine, de faïence figurent également dans cette liste. Il en est de même pour les travailleurs dans les fonderies exposés aux poussières renfermant cette substance, les travaux de construction et de démolition exposés à l’inhalation des poussières contenant cet agent toxique. Enfin, les travailleurs qui confectionnent des prothèses dentaires et ceux qui calcinent des terres à diatomée ou utilisent les produits de cette calcination peuvent bénéficier aussi de l’indemnisation du régime général.
  • dans le cas d’une silicose aigüe sous forme d’alvéolo interstitielles bilatérales, le régime des administrations de sécurité sociale rembourse le traitement pendant 6 ans. Pour ce, l’ouvrier devrait être exposé d’au moins 6 mois. Des examens radiographiques doivent mettre en évidence les troubles fonctionnels de respiration de la victime.
  • dans le cas d’une silicose chronique avec des lésions interstitielles en petits nodules ou des nodules bilatérales, le RG prend en charge le traitement pendant 35 ans si l’ouvrier a été exposé pendant au moins 5 mois. Des examens radiographiques et des signes de complications respiratoires comme l’insuffisance ventriculaire droite, la tuberculose, le cancer broncho-pulmonaire primitif etc. peuvent apparaitre ou non.
  • dans le cas des travailleurs exposés à l’inhalation des silicates cristallins ou du graphite (travaux d’extraction, de broyage, de conditionnement… de talc, de graphite), le RG effectue aussi le remboursement du traitement d’une pneumoconiose pendant 35 ans à condition que l’ouvrier soit exposé dans ce milieu d’au moins 10 ans.

Remarque : le traitement d’une pneumopathie aigüe ou d’un cancer broncho-pulmonaire s’étend sur plusieurs années. Ce qui peut représenter un budget important. Or, la prise en charge du régime général ne couvre pas la totalité des dépenses en soins de santé. A titre d’exemple, une hospitalisation de plusieurs jours, une intervention chirurgicale, les séances de chimiothérapie sont lourdes à assumer. Il est vivement conseillé de souscrire à une mutuelle santé qui permet de compléter la prise en charge de la sécurité sociale. Une complémentaire santé permet aussi de bénéficier de remboursement des dépenses non prises en charge par l’assurance maladie obligatoire comme les dépassements d’honoraires, la chambre particulière, la médecine douce et certains soins lourds etc.
Afin de dénicher une mutuelle qui permet de couvrir l’intégralité de ses soins de santé, il est bon de passer par l’outil de comparateur présent sur notre site. Cet outil gratuit aide à trouver l’offre la plus intéressante en fonction de son budget et de ses besoins de couverture.

Mais pour en revenir à cette pathologie qui peut avoir de formes aigües ou chroniques, ses signes cliniques peuvent apparaître d’une façon insidieuse ou évidente. Dans le premier cas, il est difficile de prévoir l’évolution de la maladie et le patient ressent des douleurs intermittentes. Dans le deuxième cas, l’infection a un impact visible sur l’état de santé du patient. Ce dernier peut ressentir des frissons, tousser et contracter une fièvre avec une température jusqu’à 41 °C. Il peut aussi avoir des douleurs au thorax ou éprouver de difficulté de la respiration (essoufflement) avec une augmentation du rythme cardiaque. Des syndromes comme les nausées ou les vomissements peuvent aussi accompagner ces signes. Les personnes âgées, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les fumeurs, les personnes ayant un système immunitaire déficient (souffrant de SIDA…) sont les plus susceptibles de contracter la pneumopathie.

Le médecin traitant effectue son diagnostic par l’auscultation, l’interrogation, l’étude des symptômes du patient. Pour confirmer son diagnostic et pour bénéficier d’une éventuelle prise en charge de l’assurance maladie, le professionnel de santé devra faire une radiographie des voies respiratoires de l’ouvrier exposé à la silice cristalline. Si le médecin suspecte une infection d’origine bactérienne, il peut prescrire une analyse bactériologique. L’analyse de sang permet de valider le pronostic. Dans le cas des symptômes d’un éventuel cancer broncho-pulmonaire, une biopsie du nodule est requise dans la confirmation du diagnostic. Des examens comme la bronchoscopie, la spirométrie peuvent apporter aussi plus d’informations sur l’évolution de la pathologie.
Concernant le traitement, s’il s’agit d’une infection causée par la présence d’une bactérie, le médecin peut prescrire des antibiotiques et des anti-inflammatoires. Dans le cas où la victime a une grave difficulté respiratoire, il peut préconiser une oxygénothérapie. Mais pour les affections aigües et les syndromes de cancer avec des gênes respiratoires graves, l’état du patient demande toujours une prise en charge appropriée. Le traitement dépend de l’âge de la victime, de la présence d’autres maladies, de son mode de vie, de son état général. S’il a un état fébrile, le médecin peut prescrire soit le repos soit l’hospitalisation. Si l’infection de poumon est de type cancer, les traitements possibles sont l’opération chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie. Le traitement médical par les hormones et l’administration des substances pour stimuler les défenses du système immunitaires peuvent être aussi envisagés.
L’adage dit « mieux vaut prévenir que guérir ». La sensibilisation dans les industries contre les émissions des particules nocives, le port des protections individuelles comme les masques, les gants, ainsi que l’humidification du chantier permettent de lutter contre les émissions des poussières.