Un dépassement d’honoraires correspond à la partie des honoraires facturés au-delà du tarif conventionnel ou opposable applicable à l’acte. Cette partie n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie elle-même. Une complémentaire santé peut toutefois en prendre en charge tout ou partie si le contrat et le niveau de garantie le prévoient.
Le calcul impose de distinguer plusieurs montants : prix facturé, tarif conventionnel ou opposable, base de remboursement, remboursement de l’Assurance Maladie, dépassement d’honoraires, remboursement complémentaire et reste à charge. Les confondre conduit rapidement à une estimation erronée.
Avant une consultation, deux informations permettent déjà d’anticiper une partie du calcul : le secteur conventionnel du médecin et son éventuelle adhésion à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO. Ces informations peuvent être vérifiées dans l’Annuaire santé Ameli.
Dépassement d’honoraires : quelle différence entre tarif conventionnel, BRSS et prix facturé ?
Le prix facturé correspond aux honoraires réellement demandés par le médecin. Le tarif conventionnel ou opposable correspond au tarif défini par la convention dans la situation concernée. La base de remboursement est la référence sur laquelle l’Assurance Maladie calcule sa prise en charge selon les règles applicables. Ces montants peuvent coïncider dans certaines situations, mais ils ne doivent pas être assimilés par principe.
Lorsque la situation étudiée permet cette présentation, le dépassement peut être illustré ainsi :
Dépassement d’honoraires = honoraires facturés – tarif conventionnel ou opposable applicable.
Exemple entièrement fictif : un tarif conventionnel de 40 € et des honoraires facturés de 70 € donnent un dépassement de :
70 € – 40 € = 30 €.
Les montants de 40 € et 70 € servent uniquement à expliquer la notion et ne correspondent pas au tarif réglementaire d’une consultation réelle. L’Assurance Maladie calcule sa prise en charge à partir de la base prévue pour la situation concernée, et non sur les 70 € facturés dans cet exemple.
Il ne faut donc pas utiliser automatiquement la formule « prix facturé – BRSS » pour identifier un dépassement sans avoir vérifié que la base de remboursement correspond bien au tarif conventionnel pertinent dans le cas considéré.
Secteur 1, secteur 2 ou secteur 3 : quelles différences pour les dépassements d’honoraires ?
Le secteur conventionnel du médecin modifie directement les règles tarifaires et peut influer sur la base utilisée pour le remboursement.
En secteur 1, le médecin applique en principe les tarifs opposables définis par la convention. Des dépassements peuvent toutefois exister dans certaines situations particulières prévues par les règles conventionnelles : il serait donc excessif d’écrire qu’un médecin de secteur 1 ne peut jamais en pratiquer.
En secteur 2, le médecin peut pratiquer des honoraires différents et donc des dépassements, qui doivent notamment être fixés avec tact et mesure. Il faut alors distinguer le médecin adhérent à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO du médecin qui n’adhère pas à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée.
| Situation du médecin |
Honoraires |
Dépassement possible |
Base Assurance Maladie |
Point à vérifier avec la mutuelle |
| Secteur 1 |
Tarifs opposables en principe |
Seulement dans certaines situations autorisées |
Base prévue par la convention pour la situation concernée |
Niveau de garantie applicable aux honoraires |
| Secteur 2 adhérent OPTAM / OPTAM-ACO |
Honoraires différents possibles avec engagements de maîtrise tarifaire |
Oui |
Pour les actes concernés, les patients bénéficient des tarifs de remboursement du secteur à honoraires opposables selon les règles applicables |
Niveau prévu pour les médecins adhérents à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée |
| Secteur 2 non adhérent |
Honoraires libres dans le respect notamment du tact et de la mesure |
Oui |
Peut être inférieure à celle appliquée à un médecin adhérent selon l’acte, la spécialité et la situation |
Niveau non-OPTAM et éventuelles limites du contrat responsable |
| Secteur 3 |
Tarifs librement fixés |
Oui |
Tarif d’autorité très faible |
Vérifier expressément si le contrat prévoit une intervention complémentaire |
Secteur 3 : pourquoi le remboursement est-il particulier ?
Un médecin de secteur 3 est non conventionné. Ses tarifs sont librement fixés et le remboursement de l’Assurance Maladie est calculé sur un tarif d’autorité très faible. Cette situation doit donc être distinguée du secteur 2 conventionné, avec ou sans OPTAM.
OPTAM et OPTAM-ACO : que change l’adhésion du médecin pour le patient ?
L’OPTAM signifie « option pratique tarifaire maîtrisée ». L’OPTAM-ACO désigne l’option pratique tarifaire maîtrisée anesthésie-chirurgie-obstétrique.
Depuis le 1er janvier 2025, dans le cadre de la convention médicale 2024-2029, l’OPTAM-ACO a remplacé l’ancien dispositif appelé OPTAM-CO. En 2026, c’est donc l’appellation OPTAM-ACO qui doit être utilisée pour le dispositif actuel.
Les médecins éligibles qui adhèrent à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO prennent notamment des engagements portant sur leur taux de dépassement et leur taux d’activité réalisée à tarif opposable.
L’adhésion à l’OPTAM ne signifie pas absence de dépassement. Un médecin adhérent peut toujours pratiquer des honoraires supérieurs au tarif opposable, mais il s’inscrit dans un dispositif de maîtrise de sa pratique tarifaire.
Elle ne signifie pas non plus que le médecin devient « secteur 1 ». Il reste nécessaire de distinguer son secteur conventionnel de son adhésion à l’option.
Pour le patient, cette adhésion peut avoir un effet à la fois sur la base de remboursement de l’Assurance Maladie et sur le niveau auquel la complémentaire est autorisée ou contractuellement prévue pour intervenir.
Comment l’Assurance Maladie rembourse-t-elle un médecin secteur 2 avec ou sans OPTAM ?
L’Assurance Maladie ne rembourse pas le dépassement d’honoraires lui-même. Sa prise en charge est calculée selon la base applicable à l’acte et à la situation du patient.
Chez un médecin de secteur 2 adhérent à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO, les actes concernés peuvent bénéficier de la base de remboursement du secteur à honoraires opposables. Pour certaines consultations chez un médecin de secteur 2 non adhérent, une base moins élevée peut au contraire être utilisée.
Il ne faut pas transformer cette règle en une BRSS unique valable pour tous les médecins de secteur 2. La spécialité, l’acte, la situation dans le parcours de soins et les règles conventionnelles applicables doivent être pris en compte.
Pour une situation réelle, il est donc préférable de vérifier les tarifs et remboursements des consultations médicales correspondant précisément au praticien et à la consultation concernés.
Comment la mutuelle peut-elle rembourser un dépassement d’honoraires ?
La complémentaire ne prend en charge un dépassement que si la garantie souscrite permet cette intervention. Toutes les mutuelles et toutes les formules ne remboursent donc pas automatiquement les dépassements d’honoraires.
Les tableaux de garanties utilisent fréquemment des niveaux tels que 100 %, 150 %, 200 % ou 300 % BRSS. Ces pourcentages s’appliquent à une base de remboursement et non aux honoraires facturés.
200 % BRSS ≠ 200 % du prix payé.
Exemple fictif : BRSS de 50 €, honoraires facturés de 90 € et garantie de 200 % BRSS, régime obligatoire inclus. La limite totale théorique correspondant au taux est :
50 € × 200 % = 100 €.
Ce calcul ne signifie pas que la mutuelle versera automatiquement 100 €. L’intervention propre de la complémentaire dépend notamment de la part déjà prise en charge par le régime obligatoire, du libellé contractuel, de la dépense réellement engagée et des limites applicables. Les montants utilisés dans cet exemple sont purement pédagogiques.
Avant toute comparaison, il faut donc vérifier les garanties de soins courants et d’honoraires, notamment lorsque le tableau distingue les médecins adhérents et non adhérents aux dispositifs de pratique tarifaire maîtrisée.
Contrat responsable : pourquoi le remboursement peut-il différer entre médecin OPTAM et non-OPTAM ?
Lorsqu’un contrat responsable prévoit le remboursement des dépassements facturés par un médecin n’ayant pas adhéré à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée, la réglementation encadre ce remboursement.
L’article R.871-2 du Code de la sécurité sociale prévoit une double limite : la prise en charge des dépassements du médecin non adhérent est limitée à 100 % du tarif de responsabilité et doit en outre rester inférieure d’au moins 20 % du tarif de responsabilité au montant pris en charge pour les dépassements d’un médecin adhérent.
Cette règle ne signifie donc ni « 20 % de moins sur la facture », ni « hors OPTAM = automatiquement limité à 100 % BRSS » dans toutes les situations. Elle encadre la prise en charge des dépassements lorsqu’une telle garantie est prévue par le contrat responsable.
Comment vérifier le secteur, l’OPTAM et les honoraires avant une consultation ?
La vérification peut être réalisée en plusieurs étapes :
- rechercher le médecin dans l’Annuaire santé Ameli ;
- identifier son secteur conventionnel ;
- vérifier son éventuelle adhésion à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO ;
- consulter les informations tarifaires disponibles ;
- repérer dans le tableau de garanties les niveaux prévus pour les médecins adhérents et non adhérents ;
- avant un acte coûteux, obtenir les informations tarifaires nécessaires pour estimer le reste à charge.
Il ne faut pas écrire qu’un « devis » est obligatoirement remis avant toute consultation en secteur 2. Lorsque la réglementation vise l’obligation d’information, la formulation exacte est celle d’une information écrite préalable.
L’arrêté du 30 mai 2018 prévoit notamment que, pour les professionnels concernés, cette information écrite doit être remise lorsque les dépassements d’honoraires des actes et prestations facturés atteignent 70 €. Le seuil porte donc sur le montant des dépassements visés par la règle, et non simplement sur un prix total de consultation de 70 €.
Pour une dépense importante, il peut également être utile d’anticiper le reste à charge avant des soins coûteux en rapprochant les informations tarifaires du médecin du tableau de garanties réellement souscrit.
Quelles erreurs éviter pour calculer un dépassement et son remboursement ?
- Confondre prix facturé et BRSS : le prix demandé par le médecin n’est pas nécessairement la base utilisée par l’Assurance Maladie.
- Croire que l’Assurance Maladie rembourse le dépassement : sa prise en charge est calculée sur la base applicable, pas sur la partie facturée au-delà du tarif conventionnel.
- Assimiler secteur 2 et non-OPTAM : un médecin de secteur 2 peut adhérer ou non à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO.
- Croire qu’un médecin OPTAM ne facture jamais de dépassement : l’option encadre la pratique tarifaire sans supprimer nécessairement tout dépassement.
- Appliquer 200 % au prix de la consultation : le pourcentage BRSS doit être appliqué à la base contractuellement et réglementairement pertinente.
- Comparer deux contrats sans regarder les colonnes OPTAM et non-OPTAM : lorsque le tableau distingue ces situations, les niveaux de remboursement peuvent différer.
- Confondre plafond et dépassement : un plafond est une limite de remboursement, pas le montant facturé au-delà du tarif conventionnel.
- Généraliser un reste à charge : un exemple de calcul ne vaut pas pour toutes les spécialités, tous les médecins ou tous les contrats.
Cette lecture est utile pour comparer les mutuelles santé senior en 2026 : lorsque des consultations de spécialistes sont envisagées, il faut comparer la base applicable, la garantie OPTAM, la garantie non-OPTAM et les éventuels plafonds plutôt qu’un pourcentage isolé.
La même méthode permet de comparer les mutuelles santé TNS en 2026 en rapprochant les honoraires réellement susceptibles d’être facturés des niveaux prévus pour les médecins adhérents ou non aux dispositifs de pratique tarifaire maîtrisée.
Dans une couverture collective, il reste également nécessaire de comparer les mutuelles entreprise en 2026 en vérifiant précisément la garantie applicable aux dépassements et sa distinction éventuelle entre OPTAM et non-OPTAM.