Santé des seniors : la sarcopénie

La sarcopénie est une maladie des personnes âgées qui se caractérise par une modification de la masse musculaire. Les muscles diminuent tandis que la masse graisse augmente. Ce phénomène entraîne une baisse des performances physiques et des défenses immunitaires. Ce qui expose le patient sarcopénique à la fragilité, aux risques de chutes, de dépendance et de mortalité. Les études avancent qu’une personne normale affiche une diminution de masse musculaire de 1% après l’âge de 30 ans. Toutefois, à partir de 50 ans, ce changement s’accélère et le pourcentage des personnes souffrant de ce syndrome gériatrique atteint 5% à 25 % chez les seniors entre 60 à 70 ans. Le point sur les symptômes et le traitement de cette pathologie.

Cette maladie qui touche essentiellement les sujets âgés est encore méconnue comparée à la fracture fémorale ou à l’ostéoporose. Pourtant, elle constitue aussi une cause de chutes chez les seniors âgés. Il s’agit d’un processus de diminution de la masse et de la force musculaire au fur et à mesure qu’une personne avance en âge. Pour rappel, le muscle est un organe formé de fibres irritables et contractiles qui peuvent se renouveler et s’autodétruire. Il est formé, en grande partie, par des protéines. Avec l’âge, ce processus de renouvellement pourrait faire défaut chez 20 % des seniors. Telle situation pourrait conduire à une faiblesse généralisée et à des risques de fractures ou de chutes notamment si la maladie en est à son stade final.
En effet, on distingue trois stades dans cette pathologie :

  • Dans sa phase initiale, elle se traduit par le déclin de la masse musculaire.
  • A son stade intermédiaire, la force et la performance physique du patient affichent une diminution. Les risques de handicap physique, de survenue de décès augmentent à long terme.
  • A son stade final sévère, tous les symptômes s’aggravent. On remarque une dégradation générale de l’état physique du patient et les risques d’immobilisation, de perte d’autonomie et de fracture sont très élevés.

Le diagnostic de cette perte indolore de masse musculaire et de la densité osseuse se fait par des tests cliniques. Le médecin traitant étudie la vitesse de marche d’un senior âgé ainsi que le temps qu’il prend pour monter les escaliers ou pour s’asseoir et se lever. Il peut aussi recourir à des tests de flexion de genoux. Ces tests simples permettent au professionnel de santé de diagnostiquer le patient à risques. Dans des cas spécifiques, il peut utiliser les techniques pour mesurer la fonte musculaire.

Cette maladie est premièrement due à la vieillesse. Sa survenue est favorisée par la dénutrition et un régime nutritionnel inadapté aux besoins de l’organisme du senior. Le changement de la synthèse de protéines musculaires est aussi évoqué dans les causes des symptômes sarcopéniques. Il en est de même pour les maladies et les dysfonctionnements des glandes endocriniennes (perturbation des hormones anaboliques) ainsi que la perte de fonctionnalité des unités motrices. Le sujet âgé menant une vie sédentaire, inactive ou qui est souvent hospitalisé est également prédisposé à cette dégradation de la masse musculaire. C’est pour cette raison que les médecins préconisent la pratique régulière d’un sport comme la marche, la natation etc. pour les seniors.

Par ailleurs, la personne âgée ayant une santé fragile qui n’aime pas bouger ou se déplacer, même à l’intérieur de son logement, a du mal à contrer cette dystrophie musculaire. Les médecins disent que le fait de descendre et de monter les marches des escaliers améliore les capacités de déplacement de la personne tout en luttant contre la fonte musculaire.

Cette pathologie qui évolue souvent à l’insu du senior conduit à l’augmentation des risques. Le patient sarcopénique a des problèmes de cicatrisation. En outre, il est sujet aux risques de chutes et à la dépendance ou à la perte d’autonomie. S’il fait des séjours hospitaliers, cette maladie a un impact sur la durée de son hospitalisation. Dans la vie quotidienne, elle nuit à sa qualité de vie. Dans son stade sévère, la maladie entraîne l’augmentation de risque de mortalité dans les 3 mois. Bon à savoir : cette pathologie peut toucher toutes les personnes âgées, même celles considérées en bonne santé ou celles qui pratiquent des exercices physiques réguliers. Cependant, la différence se situe dans le taux de dégénérescence musculaire. Chez les seniors âgés qui font une pratique régulière de sport et qui adoptent un régime alimentaire approprié à son âge et à son état de santé, le taux de perte de fibres musculaires est moins significatif.

Les médecins recommandent les mesures suivantes afin d’atténuer la fonte musculaire :

Une augmentation d’apport protéique :
A titre d’info, l’activation de la synthèse de protéines dans le sang dépend de l’augmentation des acides aminés sanguins résultant de la teneur protéique. Or, comme les personnes âgées ont quelquefois des problèmes d’appétit, des problèmes buccodentaires ou soumis à un régime alimentaire spécifique, cet apport en protéines devient insuffisant. Le moyen le plus efficace pour augmenter l’apport protéique serait l’augmentation de sa ration de viande, d’œufs et de lait de l’ordre de 1g/kg par jour. Si le sénior manque d’appétit, il peut faire griller ou rôtir la viande. Si ce mets le dégoûte, la prise de tablette de spiruline peut compléter son régime alimentaire.

Si la maladie est dans son stade intermédiaire ou avancé, le professionnel de santé peut prescrire les suppléments alimentaires comme l’acide ursolique, la citrillune. Le premier complément alimentaire aide à réduire la masse grasse tout en augmentant la masse musculaire. Il régularise aussi le taux de glucose, de cholestérol. La citrillune, quant à lui elle, participe à la synthèse protéique et à la perte de la masse grasse. Ces suppléments alimentaires sont vendus en pharmacie sous forme de gélules et peuvent être consommés 2 fois par jour.

Le traitement hormonal :
Ce traitement se fait avec les hormones anabolisantes en fonction de l’état de santé du senior.

 La pratique d’une activité sportive régulière en association avec la modification du régime :
Cette pratique peut-être la marche, le tai chi, la natation etc. Les recherches confirment en effet que l’exercice physique aide le corps à ne pas trop subir la perte de masse musculaire. Une demi-heure de pratique sportive chaque jour est idéale sans faire d’excès. Pour être bénéfique, l’activité physique doit procurer du plaisir. Elle devrait aussi lui permettre d’entretenir des rapports sociaux avec les autres sportifs de son âge pour l’aider à lutter contre la solitude et l’isolement.

Bon à savoir : on peut éviter la survenue de ce phénomène naturel dû au vieillissement par le traitement hormonal, l’exercice physique et l’alimentation riche en protéines. Dans tous les cas, le senior devrait se rendre chez le médecin traitant pour faire un bilan général de son état de santé afin de traiter les maladies qui pourraient constituer un facteur de risques dans l’évolution de la sarcopénie. Dans cette optique, adhérer à une complémentaire santé senior lui permet de bénéficier d’une meilleure prise en charge des traitements et divers tests en laboratoire.

La baisse progressive et généralisée de la masse musculaire et de la force physique amène chez les personnes âgées la sarcopénie. C’est donc une maladie, appelée autrement dystrophie musculaire, qui a été définie par le groupe européen EWGSOP à l’endroit des personnes en cours de vieillissement. Il est pourtant nécessaire de rappeler que le tissu musculaire commence à subir une dégénérescence progressive depuis la trentaine de l’ordre de 3% à 8% tous les dix ans. La détérioration s’accélère dès 50ans et, en général, les personnes perdent la moitié de la masse musculaire au profit du tissu adipeux. Les chercheurs estiment que 25% des personnes de plus de 70 ans sont atteintes de la maladie sarcopénie. Elles sont donc sarcopéniques et, à l’hôpital, on a enregistré que 21% à 44% des personnes de plus de 65 ans dénutries ou qui subissent des modifications hormonales ou d’inflammation chronique, sont touchées.

Accidentellement, la sarcopénie peut entraîner des chutes chez les séniors, avec un niveau élevé de risque de fractures des os et d’ostéoporose. Par définition, l’ostéoporose est la diminution de la quantité et de la qualité de l’os, bref une perte osseuse avec l’âge. On dit que la perte de masse musculaire se réalise parallèlement avec la perte osseuse. En d’autres termes, la sarcopénie augmente le risque d’ostéoporose et le risque de chute chez les personnes âgées.

A noter qu’il est possible de diagnostiquer et de prévenir la perte osseuse appelée ostéoporose et la sarcopénie en pratiquant une activité physique adaptée et régulière et en adoptant une alimentation saine, suffisante et équilibrée, tout en administrant une supplémentation en Vitamine D, en Calcium et en Citruline.