La dénutrition des personne âgées – symptômes ; consequences et préventions

Passé le cap de 65 ans, 3 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile souffrent de malnutrition en protéine et en énergie ainsi que de carences en nutriments. Le pourcentage atteint jusqu’à 30% à 70% pour ceux qui sont hospitalisés ou en maison de retraite. Cette situation représente une préoccupation majeure pour la santé publique du fait que 15% de la population française sont des seniors âgés. La dénutrition se répercute sur la mortalité. Elle a fait d’ailleurs l’objet du Programme National Nutrition Santé. Nombreux sont les facteurs de risques de cet état nuisible de la prise alimentaire des personnes avancées en âge, mais heureusement qu’il est possible de le dépister et de le gérer. Explications.

Même si l’espérance de vie est de plus en plus améliorée avec les progrès techniques, bon nombre de personnes ne savent pas toujours comment bien vieillir. Outre les pathologies liées à la vieillesse, elles peuvent être sujettes à des troubles nutritionnels qui peuvent causer leur mort ou leur invalidité. En effet, la dénutrition sévère peut entraîner rapidement la mort du senior âgé. Les premiers signes de la dénutrition sont les variations du poids. Le médecin pourrait diagnostiquer une perte de poids, un indice de masse corporelle, et un taux d’albuminémie inférieur à la normale. Si la personne avancée en âge perd plus de 5% de poids en un mois ou plus de 10% en 6 mois, elle pourrait être dénutrie. A noter que les facteurs telles que la déshydratation, les affections de longue durée, les œdèmes peuvent également modifier le poids. Par ailleurs, un indice de masse corporelle inférieur ou égal à 21 est un indicateur plus fiable de cette pathologie. Mais s’il s’agit d’une personne obèse, un indice supérieur à cette valeur ne permet pas d’exclure cette situation pathologique. Enfin, le médecin pourrait aussi établir le diagnostic en se référant au taux d’albuminémie. Si ce dosage est inférieur à 35g par l, cela pourrait signifier un cas de dénutrition. Toutefois, il existe des exceptions de cas de la baisse d’albuminémie surtout si le patient fait signe de syndrome inflammatoire. Par ailleurs, une perte de poids supérieur à 10% en un mois, un indice de masse corporelle inférieur à 18 et un dosage d’albuminémie inférieur à 30 g/l indiquent un cas de dénutrition aigüe. Une prise en charge nutritionnelle rapide est requise.

Les principales causes de ce trouble sont d’abord le mauvais état dentaire des seniors. A cela s’ajoutent la prise de médicaments et les maladies telles que le diabète, les syndromes d’atteinte rénalles… Il y a également les problèmes de comportement associés à cette tranche d’âge. Sans oublier le régime alimentaire inadapté qui est aussi la première cause de cette pathologie assez récurrente chez les sujets âgés. Dû à leur solitude, les vieilles personnes ont quelquefois l’habitude de sauter un repas, ou de ne manger qu’une collation maigre composée d’un simple potage avec une tranche de fromage. Or, ces erreurs alimentaires développent la malnutrition.
En effet, seules 3% des personnes âgées ont des dents en bon état. Ce qui fait qu’elles éprouvent moins de plaisir à consommer des aliments qu’il faut bien mastiquer comme la viande, les légumes crus etc. Les personnes âgées sont aussi souvent seules suite à leur veuvage ou à leur divorce. Elles peuvent également avoir des revenus financiers insuffisants. Cela conduit à un état dépressif et éventuellement une perte d’appétit.
En vieillissant, le corps humain secrète également moins d’hormones y compris l’hormone stimulant le désir de manger. La capacité de digestion et de réabsorption de vitamines par l’intestin diminue. En outre, le goût est modifié avec l’âge. Tout cela entraîne une dénutrition ainsi que l’affaiblissement physique et la détérioration des organes de la personne. La graisse et la masse musculaire diminuent et elle peut avoir des difficultés à marcher et peut perdre l’équilibre. Concernant les maladies favorisant cet état pathologique, on note les pathologies telles que le cancer, l’insuffisance rénale, hépatique, les problèmes respiratoires, digestifs, rhumatismaux etc. Ces maladies entraînent la mauvaise digestion du repas et la perte de l’appétit. La survenance de dépendance, d’invalidité, de problèmes démentiels, ou de dépression n’est pas aussi à exclure à cet âge. Or, ces problèmes font diminuer l’appétit et aggravent l’état de la dénutrition. A part cela, comme on l’a déjà cité plus haut, il y a les problèmes bucco-dentaires, la prise de nombreux médicaments qui ont des conséquences négatives sur l’appétit.

A souligner d’abord que cette pathologie pourrait entraîner d’autres maladies telles que l’asthénie, l’anorexie, le déficit immunitaire, l’infection respiratoire, l’infection urinaire, les troubles psychiques, les escarres etc. Dès que le sujet avancé en âge montre des symptômes comme l’apathie, l’amaigrissement, la chute, l’anémie, les troubles de comportement ou les troubles d’humeur etc. il est nécessaire de faire intervenir un médecin. Ce dernier ferait alors les examens biologiques requis pour déterminer l’origine de l’état défaillant du patient.
Le meilleur moyen de prévenir la dénutrition de sujets âgés, c’est la prise en charge leur repas en leur proposant un menu adapté à leur goût. Pour les familles ou les soignants dans la restauration collective, cela implique la disponibilité, beaucoup d’attention et la présence auprès du senior. Pour ce, une auxiliaire de vie pourrait assister la personne en situation de fin de vie ou en situation de dépendance dans les courses, dans la préparation de repas… Il est conseillé de partager avec eux le moment du repas si le senior vit seul. Cette convivialité et l’ambiance au moment du repas lui donnent l’appétit. D’autre part, les menus doivent être conçus pour ceux qui ont de problème de mastication. Ils doivent être étudiés pour éviter les erreurs de mode alimentaire auto-prescrit. Comme le cas des certains qui adoptent le régime sans sel, car ils ont entendu que cet assaisonnement est nocif pour leur tension artérielle. Or, le repas sans sel ne convient pas du tout à leur état de santé.
Il est ainsi préférable de concocter un repas attrayant que ce soit au niveau de la présentation, des odeurs ou des couleurs afin de stimuler l’appétit de la personne âgée. Les poissons, la viande blanche, les légumes verts seront bien présentés sur le plat. Les plaisirs interdits peuvent être envisagés de temps en temps. Le plus difficile dans cette démarche est le fait de faire accepter au patient souffrant de malnutrition le nouveau mode d’alimentation. Surtout si le senior est habitué à se faire plaisir avec les plats qu’il consomme régulièrement. Les maisons de retraite, quant à eux, possèdent des plans nutritionnels pour éviter les troubles de la nutrition.
Outre l’augmentation de l’apport en protéines et en énergie, le diététicien ou le médecin qui conseille le régime alimentaire du patient aurait aussi à faire un suivi de la courbe pondérale pour voir l’évolution du traitement.
Enfin, en dehors de ces besoins nutritionnels, l’apport en eau ou l’hydratation du senior âgé est également un facteur important. A rappeler qu’une personne âgée aurait à boire au moins 1,5 l par jour.

Pour corriger la dénutrition de la population âgée, il faut veiller à leur donner une alimentation équilibrée, enrichie et diversifiée qui aide à stimuler leur sens. L’assistance de proche et la consommation d’eau aident aussi à améliorer la nutrition du patient.