Santé des personnes âgées : la maladie d’Alzheimer

Cette maladie doit son nom au docteur Alzheimer qui l’a découvert en 1906. Plus un sujet âgé vit longtemps, plus il est susceptible de contracter cette pathologie. Ainsi, le pourcentage de personnes âgées moins de 70 ans à souffrir de cette maladie est 1% tandis que 40% des aînés entre 90 à 95 ans sont atteints de cette affection dégénérative. Cette forme de démence se traduit par une baisse irréversible des facultés mentales. Le point sur les facteurs de risques, les symptômes et les traitements médicaux ou préventifs de la maladie d’Alzheimer.

Notons d’abord que cette affection se distingue d’une perte de mémoire due à un vieillissement normal des cellules du corps humain. Il s’agit ici d’une forme très accélérée de ce vieillissement. Les chercheurs avancent ainsi que si l’espérance de vie de la race humaine avoisinerait 150 ans, tous les mortels seraient sujets à cette maladie. Les facteurs provoquant les symptômes d’Alzeihmer ne sont pas encore déterminés jusqu’à ce jour. Dans la plupart de cas étudiés, elle apparaît à l’âge avancé du sujet. Les problèmes cardiovasculaires tels que le taux de cholestérol, le diabète, l’obésité, la pression artérielle élevée favorisent son développement. En effet, le cœur est le principal organe de la circulation du sang et le cerveau prend dans le sang l’oxygène et les éléments nécessaires au fonctionnement de l’ensemble des organes humains. La mauvaise santé du cœur et des vaisseaux sanguins pourrait influer sur la santé du cerveau. L’impact de l’exposition à des produits toxiques est aussi évoqué comme facteur de risque à l’apparition de cette maladie, mais cela n’est pas encore prouvé scientifiquement. La prédisposition génétique semble aussi augmenter le risque de contracter l’Alzheimer. Ceux qui héritent d’un gêne porteur de risque à l’instar de ApoE4 ou de SORL1 sont plus susceptibles de développer la maladie dans 60% des cas. Les enfants ayant des parents souffrant de la maladie dans sa forme héréditaire ont aussi 50% de risque d’être atteint. Les syndromes peuvent alors apparaître bien avant que le sujet ait 40 ans. Heureusement que seul 5% des cas sont enregistrés dans la forme héréditaire. Enfin, le traumatisme cérébral dû à un accident routier par exemple pourrait également augmenter les risques de développer cette démence.

Cette maladie neurodégénérative est caractérisée par l’affaiblissement voire la disparition progressive et irréversible des neurones. Cela entraîne la détérioration permanente et évolutive de facultés cognitives ou intellectuelles du sujet atteint. Les cellules nerveuses situées dans l’hippocampe sont les premières touchées par l’infection. Celle-ci se propage ensuite dans les environs. Ce qui provoque la difficulté à reconnaître les personnes et les objets, la difficulté de langage, les problèmes d’orientation, les troubles de raisonnement ou de réflexion. Ces principaux troubles mènent à la longue à la perte d’autonomie. Concernant la trouble de mémoire, elle touche en premier lieu les souvenirs plus vifs, puis elle s’étend sur les souvenirs plus anciens tels que le nom de la femme ou du mari de la personne atteinte, son anniversaire ou celui de ses enfants etc. Ces troubles sont accompagnées de la perte de la parole ou de compréhension du langage, à cause de la lésion de l’hémisphère cérébrale. A cela s’ajoutent les troubles de gestes et de la reconnaissance. L’enchaînement logique des gestes de l’aîné se trouve perturbé bien que ses fonctions motrices ne sont pas altérées. Ces perturbations diminuent l’autonomie de la personne. En outre, il a de problème à identifier clairement les visages ou les objets qu’il voit. Le trouble peut concerner non seulement le sens visuel, mais aussi le sens auditif tactile etc. Le syndrome le plus caractéristique de l’Alzheimer est aussi le problème de l’orientation spatiale et temporelle. Du fait que sa mémoire est touchée, le sujet atteint n’arrive plus à se situer dans le temps. Il oublie l’année, le jour, le mois, l’heure etc. Évidemment, il perd également la capacité d’organisation ou de planification des tâches. Ces différents symptômes pourraient avoir des conséquences sur le comportement de la personne envers son infirmier ou la personne qui prend soin d’elle. Il pourrait ne pas la ou le reconnaître. Des agressions sont même possibles quand les signes évocateurs sont plus graves. Au fur et à mesure que le temps passe, ces symptômes pourraient devenir plus graves et plus intenses et atteindre un stade ultime. Outre les troubles comportementaux, l’on peut également remarquer des troubles psychologiques. L’aîné se montre asocial, il se réfugie dans la tristesse. Il montre également des signes d’instabilité émotionnelle, de paranoïa ou d’agressivité avec les paroles ou les gestes. Ces différents troubles peuvent varier d’un patient à l’autre. Si le malade est bien entouré et reçoit un accompagnement spécifique, les symptômes seront moins invalidants.
Remarque : toute baisse ou perte de mémoire n’est pas causée à la maladie d’Alzheimer. En effet, il arrive qu’on oublie où est-ce qu’on a rangé ses affaires, comme son journal ou ses clés par exemple. C’est seulement quand les troubles sont plus fréquents et plus singuliers qu’on pourrait suspecter la survenue de cette démence.

Le fait que les symptômes apparaissent d’une façon progressive rend le diagnostic plus difficile. Les experts ont défini 7 stades pour évaluer cette maladie. Dans la phase initiale, le médecin ne décèle aucun problème de déficience chez l’aîné. Puis, le sujet âgé a certains trous de mémoire mais ses proches et le professionnel médical ne détectent pas encore une forme de démence. Dans la phase numéro 3, après un examen médical, le praticien peut déceler des troubles de concentration ou de mémoire. Il oublie les noms des personnes qu’il vient de rencontrer, il égare les objets de valeur etc. La phase 4 se traduit par une incapacité de faire des calculs mentaux, la gestion de compte. La personne ne se souvient plus de son passé. Il a des sautes d’humeur dans des contextes socialement stressants. Au cinquième stade, le sujet atteint doit être accompagné au quotidien. Il ne se souvient plus de son adresse et le problème d’orientation spatiale s’accroît. Mais il n’a pas encore besoin d’aide pour manger ou faire ses besoins. Dans le stade 6, il ne se souvient plus du nom de son conjoint, a des troubles au niveau du sommeil, des problèmes d’incontinence urinaire et des hallucinations. Il a aussi besoin d’une aide pour aller à la toilette. Enfin dans le stade ultime, l’aîné n’arrive plus à interagir avec ses proches. Mais il peut tout de même prononcer une parole. Il perd complètement l’autonomie et a besoin d’assistance pour manger et autres gestes au quotidien.

Suite à des tests des fonctions mentales, du sens d’orientation, de l’écriture ou de la vision du patient, le médecin pourrait déduire s’il s’agit ou non de la maladie d’Alzheimer, de la maladie de Parkinson, de diabète ou de toute autre pathologie. Le traitement curatif n’existe pas pour ce type de démence pourtant il existe des médicaments qui permettent le ralentissement de l’évolution des symptômes. L’efficacité des médicaments ne peut être évaluée qu’au bout de 3 à 6 mois de prise régulière. La stimulation du sens cognitif, le recours à l’intervention comportementale (la participation à des activités améliorant le sens de l’humeur du malade…) atténuent les troubles de la personne souffrante et la difficulté de son personnel soignant. Enfin, le professionnel médical conseille en guise de mesure de prévention l’alimentation équilibrée et l’exercice physique modéré.