Santé des seniors : l’andropause

L’andropause est un trouble causé par la baisse de l’hormone masculine testostérone. Cette hormone est responsable du maintien de la libido et du maintien de la masse musculaire chez les hommes. Ce trouble apparaît généralement dans 30% des hommes âgés de plus de 50 ans. Il n’affecte donc pas la majorité des hommes. Il s’agit d’une phase naturelle qui pourrait survenir vers l’âge de 45 ans. L’état physiologique est identique à la ménopause chez les femmes. Mais le déclin de l’hormone est progressif comparé à celui de la femme où les hormones chutent rapidement dans une courte période. Le point sur les symptômes, les causes et le traitement de l’andropause.

La testostérone produite par les testicules agit sur le développement des caractères sexuels mâles (gravité de la voix, masse musculaire, barbe et système de pilosité). Outre sa fonction sexuelle et son maintien de la fermeté des muscles, cette hormone a aussi des effets sur la peau, l’os, la prostate et le taux du cholestérol. Elle participe aussi au bon fonctionnement du cœur, du cerveau, des reins et de foie. C’est l’hypophyse qui libère la testostérone dans le sang jusqu’aux testicules. Elles stimulent les glandes génitales mâles pour la production de testostérone et de sperme. La déficience de testostérone dans le sang pourrait évoquer l’andropause.

Les changements hormonaux commencent à partir de 30 ans chez les hommes ou chez les femmes. Chez la gent masculine, le pourcentage d’hormones masculines baisse chaque année. Le diagnostic de l’andropause est établi lorsque le médecin détecte un faible pourcentage du taux de testostérone dans le sang. Ce déficit de la sécrétion d’androgènes s’accroît ainsi avec l’âge. Les symptômes de l’andropause sont quelquefois minimes mais ils sont déstabilisants. Bien souvent, elle se manifeste par la baisse de l’appétit sexuel et des problèmes d’érections (érections moins rigides et peu fréquentes). L’homme atteint de l’andropause peut également avoir des bouffées de chaleur ou faire signe de plus grandes nervosités. La sudation accompagne souvent les bouffées de chaleur.

La sensation de chaleur arrive au niveau du visage, du cou d’une manière passagère et elle est accompagnée de sueurs et de frissons. Les changements hormonaux provoquent les troubles d’humeur et des périodes de dépression chez le sujet atteint. La privation ou l’absence du sommeil, la prise du poids ou au contraire la diminution de la masse musculaire peuvent également apparaître. A cela s’ajoutent la régression de la pilosité et la baisse du tonus. L’andropause implique également des douleurs de muscles ou des articulations.

Au fur et à mesure qu’un homme prend de l’âge, la production de testostérone peut diminuer jusqu’à la moitié. Ce phénomène s’accompagne également de l’accroissement du taux d’une autre hormone appelée SHGB. Le fonctionnement de celle-ci consiste à enlever la testostérone disponible de la circulation sanguine. L’organisme ne peut alors utiliser que la testostérone biodisponible, celle qui n’est pas associée au SHGB. L’augmentation de la SHGB est également associée à d’autres maladies comme l’hyperthyroïdie ou à la prise de médicaments anticonvulsivants. La diminution de la sécrétion de la testostérone provoque non seulement la hausse du SHGB mais aussi les signes du vieillissement. Elle favorise les symptômes d’andropause et ses changements physiologiques et psychologiques.

Bon à savoir : le taux normal de testostérone chez l’homme est de 4 à 9 ug/l. Si le patient possède un taux inférieur à 4, cela indique un trouble d’andropause.

Avant de faire un bilan, le médecin s’informe d’abord sur les signes ressentis par le patient âgé et sur son habitude de vie. Cela lui permet de déterminer si ces symptômes sont caractéristiques ou non de l’andropause ou d’une autre maladie. Il peut aussi recourir à des formules d’évaluation comme le test AMS ou le test ADAM. Notez toutefois queseul le diagnostic précis du professionnel médical permet de différencier l’andropause d’une autre maladie. Le médecin peut aussi faire une analyse sanguine complète du patient âgé. Cela lui permet non seulement de savoir la dose des hormones thyroïdiennes, mais aussi le dosage du taux de testostérone libre et le taux de testostérone total.

Le bilan sanguin permet également de savoir le dosage de l’antigène prostatique. Le médecin peut également procéder au dosage de l’hormone lutéinesante. Le taux normal de celui-ci est de 1,7 au 7.7. Si le patient affiche un taux d’hormone au-dessus de 7.7, cela présage l’andropause. A noter que le médecin peut également faire un test cardiovasculaire ou autre test à son patient. Grâce au résultat du bilan, le professionnel de santé peut exclure les autres possibilités des symptômes comme le stress, l’anémie, le syndrome de fatigue chronique, les effets secondaires de la prise de certains médicaments, l’obésité etc.

Remarque : Dès lors qu’une personne âgée ou non constate des problèmes érectiles ou un des symptômes d’andropause alors qu’elle est en bonne santé et non stressé, la consultation médicale est à recommander. Pendant cette période de changements hormonaux, elle lui est aussi préférable d’adopter une bonne habitude de vie. L’exercice physique régulier, le régime alimentaire sain et équilibré, la diminution de la consommation de boissons alcoolisées sont à préconiser. Le tabac est également à proscrire du régime. Si le patient âgé suit ces recommandations, les symptômes seront moins gênants et moins importants.

Le médecin traitant prescrit l’administration de testostérone pour traiter ce trouble hormonal. Cela peut se faire par voie injectable ou par voie orale (comprimés). L’hormone peut aussi être administrée sous forme de gel, de patch. Ce traitement s’ensuit après le bilan de prostate. Un contrôle régulier est indispensable car le médicament pourrait favoriser le développement d’un cancer de prostate déjà présent. Des effets secondaires non négligeables peuvent apparaître. Outre l’augmentation d’un risque de cancer de prostate non décelé, le traitement pourrait également provoquer l’accident vasculaire cérébral. Cela s’explique par le fait que l’hormone masculine accroît le taux d’hémoglobine sanguin tout en changeant le contenu des lipides dans le sang. Ce qui a pour effet d’augmenter le risque de la formation d’un caillot sanguin dans l’artère du cerveau.

D’autres effets secondaires peuvent également survenir comme les dommages au foie, la diminution du testicule et l’accroissement des seins. Le patient qui prend des médicaments hormonaux peut également montrer des comportements agressifs. Sinon, les symptômes des maladies comme l’apnée du sommeil, ou la dépression qu’il a déjà développée avant le traitement ont tendance à s’accentuer. Seules les recommandations du médecin peuvent éclairer le patient âgé sur l’utilité de ce traitement. Il est également le mieux placé pour appréhender les risques secondaires que cela pourrait avoir sur la santé de son patient. Quoi qu’il en soit, les hommes atteints du cancer de prostate, du sein ou d’une maladie cardiaque ou rénale ne doivent pas prendre ce type de traitement.

L’andropause affecte en général les hommes au-dessus de 45 ans. Cela se manifeste par une baisse de production de testostérone, une perte de masse musculaire, la baisse de l’appétit sexuel et la dépression. Pour corriger ces changements hormonaux, la révision de son habitude de vie est la plus conseillée. Mais le traitement hormonal permet également d’atténuer les effets gênants de l’andropause.

Effectivement, le cancer prostatique et le rôle de la testostérone sont deux éléments interdépendants. À noter que le cancer prostatique est le cancer le plus fréquent en France, avec une proportion de 16% par rapport à l’ensemble des cancers. Des examens réguliers effectués, par exemple le toucher rectal, les biopsies, les dosages de PSA, constituent la surveillance active du cancer de prostate s’il s’avère non agressif. Selon les chiffres, la proportion est de 26% et classe le cancer des hommes à la 5èmeplace des cancers les plus meurtriers. On a enregistré quelques 57 000 nouveaux cas par an.

Testostérone, l’hormone du cancer de la prostate
La testostérone a toujours été considérée comme l’hormone du cancer de la prostate. Il a donc été proposé d’empêcher la production d’hormones sexuelles masculines par la castration pour combattre le cancer. Sinon, l’ajout d’hormone féminine est une autre solution présentée par certains spécialistes. De cette proposition est admis le traitement par castration chirurgicale ou par castration médicale, avec une mesure complémentaire de ne pas prescrire de testostérone à tout homme adulte.

Depuis quelques années, ces mesures et ces interventions chirurgicales ont été contestées. La contestation consiste à contredire que l’excès de testostérone n’est pas une cause concluante du cancer de la prostate. Contrairement à ces observations accusées d’archaïques, le taux insuffisant de testostérone, autrement dit hypogonadisme, serait une cause associée à une gravité particulière du cancer de la prostate.

Une corrélation toujours remise en question
Face à une telle guerre générationnelle de chercheurs, d’urologues, d’endocrinologues, de professionnels de santé, de généralistes et de spécialistes, une étude plus approfondie sur le cancer de la prostate a été démarrée en France en 2019 de manière à intéresser les autorités administratives, les laboratoires pharmaceutiques et surtout les confrères endocrinologues. Quoi qu’il en soit, il convient d’adopter une hygiène de santé irréprochable pour réduire la proportion du cancer de la prostate et tout autre trouble comme l’andropause.