Santé seniors : la perte d’appétit

La diminution de l’appétit apparaît notamment après 75 ans chez les seniors âgés. Des facteurs tels que l’isolement, la situation précaire, la maladie, le retour après l’hospitalisation peuvent aggraver cette situation. Il y a également la baisse du pouvoir d’achat des seniors qui fait qu’ils ne trouvent pas à leur goût ou à leurs pathologies les nourritures accessibles à leur budget. La perte de l’appétit peut être accompagnée aussi de la baisse de soif. Ce qui aurait un effet néfaste sur la santé du sujet âgé. C’est la raison pour laquelle une surveillance régulière de l’alimentation est nécessaire pour ces aînés. Explications.

Sur le plan physiologique, les personnes du quatrième âge connaissent une altération du goût. Leur capacité de différencier les saveurs surtout le salé diminue. Ce qui fait qu’ils ont ainsi tendance à ajouter du sel dans leur repas or cela n’est guère conseillé pour leur pression artérielle. C’est pourquoi ils prisent les mets sucrés, pourtant ils ont besoin de protéines qu’on retrouve généralement dans les nourritures salées. En outre, les personnes âgées se sentent rassasiées plus longtemps que les sujets jeunes. Cette satiété des aliments entraîne la perte d’appétit qui est le premier responsable de la dénutrition. A cela s’ajoute la baisse de la perception des odeurs. Ce phénomène est plus fréquent chez la gent masculine. Ce qui les empêche de sentir l’odeur des mets croustillants qu’on leur prépare.
Avec l’âge, la masse musculaire de la personne connaît une perte tandis que sa masse graisseuse devient plus conséquente. Par ailleurs, l’aîné a souvent des mauvaises dents. Or l’état mauvais de la dentition a un impact sur l’appétit. En mastiquant les aliments, la personne âgée pourrait avoir du mal (abcès, carie etc). Il y a également ceux qui portent des dentiers inadaptés à leur mâchoire.La consultation chez le dentiste permet de mettre au point les prothèses dentaires.
Les maladies peuvent également baisser l’appétit du senior âgé. Qu’elle soit physique ou psychique, elle influe sur l’habitude alimentaire de la personne. Les cas des maladies infectieuses, des maladies chroniques, de diabète, de problème cardiaque, de pathologies neurologiques (disparition des facultés mentales…), de dépendance peuvent avoir des conséquences sur l’appétit de la personne. Cela parce que l’aîné n’a pas souvent l’habitude de boire or la modification de goût des aliments est inhérente à son âge. Il perd alors normalement le goût du manger. Sur le plan psychique, l’état dépressif causé par l’isolement ou le manque de liens sociaux peut aussi faire perdre à la personne le goût des aliments. Cette solitude pourrait arriver par la suite du décès de sa compagne. Pourtant ses enfants et ses proches ne lui rendent visite que très rarement. Il devient ainsi renfermé et n’a plus goût aux aliments voire à la vie.
Notons que l’appétit peut baisser même chez le senior avancé en âge et en bonne santé. Les facteurs que nous avons cités ci-haut comme la mauvaise dentition, les troubles psychiques ou les affections de longue durée ou encore l’absence de contact social aggravent l’inappétence. La prise de médicaments est également des causes de perte de l’appétit. Après 75 ans, les reins filtrent moins et ont du mal à éliminer les médicaments qui lui arrivent. Ce qui produit une perturbation du mécanisme minéral dans le sang. C’est pourquoi, les seniors avancés en âge doivent boire au moins un litre et demi par jour.
Ce dérèglement de la sensation de faim provoque à la longue la dénutrition. Il importe ainsi de rappeler aux sujets âgés la nécessité de se nourrir convenablement et de manger même s’ils n’ont pas faim. L’environnement familial doit être aussi changé. Les maisons de retraite ou les institutions sont à recommander car l’ambiance conviviale et chaleureuse dans ces établissements attise l’appétit de l’aîné.

Les conséquences de la dénutrition peuvent être lourdes sur la santé du sujet âgé. Il y a d’abord la perte de la masse des muscles qui conduit à la fatigue ou à l’épuisement. L’état physique de la personne est faible et il présente une tendance accrue à des chutes. Ses capacités physiques s’en retrouvent réduites. En plus, la perte d’appétit aggrave les maladies déjà existantes et rend la personne vulnérable aux infections. Il se peut aussi que le sujet âgé anorexique devient dépendant. Mais la conséquence la plus grave à long terme, c’est que la dénutrition impacte sur la durée ou l’espérance de vie de la personne. Et s’il est hospitalisé, la perte d’appétit risque de causer des complications après une intervention chirurgicale. La dénutrition n’est donc pas à prendre à la légère et les proches du sujet âgé doivent prendre des mesures pour éviter l’aggravation de la situation.

La prise en charge de la dénutrition passe par un bilan santé et un bilan de la situation familiale de la personne âgée. La mise en place d’un programme de nutrition adaptée dépend des pathologies et du plaisir de manger de la personne. S’il vit seul, il est possible qu’il perde toujours l’appétit.
Sinon, l’aide à domicile peut également concocter des menus faciles à mâcher ou facilement digestibles avec un peu d’assaisonnement. Les personnes âgées vivant seules peuvent également trouver des menus simples. Mais si l’aîné n’arrive plus à avaler des aliments, le médecin traitant pourrait conseiller le recours à la sonde. Il pourrait être alors admis dans une clinique ou un centre hospitalier ou il pourrait aussi être hospitalisé à domicile. Dans tous les cas, la personne âgée qui vit seule peut contacter le CCAS de sa commune qui lui envoie des aidants. A noter que les collectivités territoriales peuvent financer ces services.
Par ailleurs, les personnes âgées vivant en communauté doivent également consulter leur médecin traitant dès qu’ils présentent une perte d’appétit. La souscription à une mutuelle senior est toujours un avantage pour les ainés car ces assurances leur remboursent une partie, voire une totalité de leurs dépenses santé.

La consommation d’une variété d’aliments est indispensable à tout âge. Mais pour les personnes de quatrième ou de troisième génération, il existe des nutriments qui doivent figurer dans leurs plats. On cite l’utilité des protéines qui aident à la préservation de la masse musculaire. Les protéines sont présentes dans les aliments comme les produits laitiers, les œufs, la viande et le poisson, les légumineuses, les graines. Une personne âgée de 60 kg doit consommer au moins 48 g de protéines par jour.
Le sujet âgé aurait aussi besoin de consommer plus de calcium et de vitamines pour prévenir l’ostéoporose ou les fractures de col de fémur. La perte de résistance des os causé par une diminution de la masse osseuse provient en partie du manque de calcium. L’apport quotidien en calcium du sujet âgé doit environner 1200 mg par jour.
Enfin, les personnes de la quatrième génération doivent également consommer plus de fibres. Les bienfaits de ces aliments sont nombreux. Ils réduisent le taux de cholestérol, prévient contre la constipation et les problèmes intestinaux. On les retrouve dans les légumes, les grains, les légumineuses et les fruits.