Mutuelle entreprise : les maladies professionnelles dues au bruit

Selon les statistiques, la perte d’acuité auditive touche 10 % des Français alors que seules 17 % des personnes souffrant de cette pathologie portent une prothèse auditive. Il est bon de savoir que l’assurance maladie rembourse le traitement de la surdité professionnelle contractée en service. Elle peut aussi prendre en charge les appareils auditifs. Zoom sur les différents symptômes de surdité professionnelle, leur traitement et la prise en charge de la Sécurité sociale.

Les travailleurs exposéshabituellement à un certain risque en rapport avec leur environnement de travail ou aux gestes répétitifs peuvent contracter une maladie professionnelle. Ces pathologies sont indemnisées par l’assurance maladie si elles figurent dans la série de 98 tableaux du régime général et elles répondent aux conditions de prise en charge. Ces conditions sont notamment la durée minimale de risques et lésions pathologiques.
La surdité professionnelle est un déficit auditif ayant pour symptômes la baisse ou la perte de la perception de sons dans le cas de l’hypoacousie. La presbyacousie, quant à elle, est une baisse de l’acuité auditive causée par le vieillissement des appareils internes des oreilles.
La surdité professionnelle peut survenir d’une façon brutale, permanente ou passagère selon l’exposition du salarié aux bruits dans son cadre de travail. Elle peut toucher aussi une ou deux oreilles. Des signes comme l’écoulement des oreilles, le bourdonnement, les vertiges, la fièvre pourraient également indiquer la présence de cette maladie.
Pour info, le décibel est la mesure d’intensité de sons. Une personne est atteinte de la surdité légère si elle fait répéter les paroles sur les sons aigus à partir de 30 décibels. La surdité moyenne frappe une personne si elle ne saisit aucune parole lorsque son interlocuteur n’élève pas la voix. Le plus souvent, elle apparaît à 40 à 69 décibels. L’intensité de volume de la conversation tourne autour de 40 à 60 dB contre 70 à 80 dB pour les bruits dans les rues. A partir de 70 dB à 89 dB, le patient souffre d’une perte sévère de l’audition et au-delà de ce seuil, il n’entend plus rien les paroles de son interlocuteur. A noter que le volume de sirène d’ambulance se situe dans les 110 dB contre 130 dB pour le réacteur d’avion.

L’atteinte auditive due à l’exposition aux bruits lésionnels dans le cadre professionnel pour certains travailleurs est prise en charge dans les tableaux numéro 42 et numéro 46 du régime général.

  • Les travailleurs concernés par ces indemnisations sont ceux exposés à la manutention de métaux (percussion, martelage, burinage, rivetage etc.) ou au traitement de pierres et produits minéraux (broyage, concassage, usage d’explosifs, de pistolets de scellement …).
  • Les travailleurs effectuant l’abattage, l’évidage des volailles dans les industries et ceux utilisant les engins de chantiers comme le charriot de manutention ou d’autres matériels vibrants ainsi que ceux travaillant à proximité de l’aérodrome et de l’aéroport sont également concernés par la prise en charge. Cette liste est incomplète. Il est recommandé de lire les détails dans les tableaux indiqués.
  • Le délai de prise en charge de l’hypoacousie est de 1 an sous réserve d’une durée d’exposition d’un an. Dans le cas d’un déficit audiométrique bilatéral de 35 dB au minimum, l’assurance maladie rembourse le traitement pendant 3 mois.

Les professions à risque sont donc notamment ceux qui travaillent dans l’industrie mécanique, industrie du bois, les métiers graphiques (machines rotatives) et le secteur BTP. Le volume moyen des machines dans ces industries peut atteindre 100 dB or, à partir de 79 dB, le bruit devient insupportable pour les oreilles et dangereux pour l’acuité auditive à partir de 90 dB. Le danger du bruit dépend de son volume et de sa pureté. La durée de l’exposition et la présence des ondes vibratoires impactent aussi sur sa nocivité. Pour rappel, le niveau d’intensité sonore à ne pas dépasser est de 8h pour les sons à 80 dB contre une demi-heure pour l’intensité de sons à 100 dB et 28 secondes à 118 dB.
Par ailleurs, l’Assurance maladie rembourse aussi une partie du coût des appareils auditifs selon l’âge et le handicap de l’assuré. Pour ce, il faut que le port de ces appareils soit prescrit par un médecin et qu’elle figure dans la catégorie des listes de maladies et prestations de la Sécurité sociale. Dans ce cas, l’assuré percevra une prise en charge à hauteur de 60 % de ses prothèses auditives sur la base fixée à 199,71 euros par oreille pour les plus de 20 ans. Les personnes âgées de moins de 20 ans bénéficient d’un remboursement plus intéressant compris entre 900 euros à 1400 euros.
Remarques : cette réparation financière de l’Assurance maladie du préjudice physique subi pendant le service est insuffisante. La souscription à une assurance santé complémentaire est à préconiser. La complémentaire santé ou la mutuelle a pour objectif de compléter le remboursement de la Sécurité sociale. De plus, l’assuré peut choisir un remboursement plus intéressant pour les postes de soins liés à ses besoins (plus de 200 % du BRSS ou en forfait annuel).
Les mutuelles proposant une couverture adéquate pour les postes de soins auditives ou optiques sont nombreuses. Il est conseillé de passer par l’outil de comparateur mutuelle gratuit présent sur ce site afin de dénicher celle qui propose le meilleur rapport prix-garanties.

La surdité professionnelle est surtout causée par le volume sonore intense dans le milieu du travail. Mais la surdité pourrait aussi provenir d’une malformation congénitale de l’oreille, du conduit auditif obstrué par du cérumen, par le traumatisme ou l’infection de l’oreille, ou par le vieillissement de l’oreille. Dans des rares cas, les médicaments toxiques et les atteintes vasculaires ou virales peuvent aussi provoquer la perte auditive.
Dans le cas de vieillissement de l’oreille causé par la presbyacousie, le patient entend la personne qui l’interpelle mais il ne comprend rien. Dans le cas de l’hypoacousie ou surdité causée par l’environnement au travail, le patient affiche une diminution progressive de sa capacité auditive. Cette phase peut durer des années puis il commence à ne plus entendre des voix aiguës. Il peut retrouver son audition s’il n’y a pas de sons. Mais son entourage va remarquer de la hausse du volume de la télévision et que ses proches doivent aussi répéter leurs questions plusieurs fois.

L’audiométrie permet d’estimer l’état de la perte auditive. Ce test doit être effectué dans un cabinet insonorisé dans les 3 jours après l’arrêt à l’exposition aux risques. Le déficit de l’acuité auditive doit être supérieur à 35 dB sur la moyenne du calcul de la perte auditive sur la fréquence de 500 hz, 1 000 Hz, 2 000 Hz.
Le plus souvent, le médecin traitant prescrit l’utilisation des antibiotiques et anti-inflammatoires pour corriger le déficit auditif. S’il s’agit d’une grosseur tumorale ou d’une atteinte osseuse, le traitement chirurgical est le plus approprié. Si la perte de l’audition est invalidante, le port d’une prothèse auditive permet à la personne d’avoir une audition normale. Dans tous les cas, les employeurs doivent amortir les zones de dangers ou de chocs, nettoyer les canalisations d’air et effectuer l’entretien régulier des chaînes.