Mutuelle entreprise : quels choix pour les agents de la fonction publique ?

De nombreux fonctionnaires renoncent à se faire soigner pour des raisons financières, alors qu’ils sont particulièrement pointés du doigt pour leurs avantages. C’est qui est révélé par un baromètre Groupe Moniteur/Groupe Intériales qui a été présenté à l’Assemblée nationale le 13 février 2014 au cours d’une matinée d’actualité organisée par emploipublic.fr et la Gazette. Même si la participation des employeurs à la protection sociale complémentaire ne cesse de s’accroître, les difficultés d’accès aux soins se multiplient.

 

Prévoyance et complémentaire santé des agents territoriaux

 

Les résultats de ce baromètre édité en exclusivité par la Gazette confirment surtout que pour des raisons de coût, de nombreux agents renoncent à se soigner. Les résultats sont angoissants mais pas très étonnants.

 

41% des agents de la fonction publique questionnés déclarent avoir renoncé à des consultations médicales ou à des soins pour leur famille ou pour eux au cours des 12 derniers mois. 40% d’entre eux y ont renoncé plusieurs fois, au moins 3 fois.

 

Le système qui risque de se briser

 

Selon l’analyse de la secrétaire national de l’Unsa-territoriaux, Ange Helmirich, « notre système est vraiment au bord de la rupture : baisse des aides au logement, gel des salaires, augmentation du surendettement… tout est lié ». A son avis, il s’agit d’un problème à traiter d’urgence. « De nombreuses personnes n’ont pas accès aux soins malgré la participation des employeurs. L’avance des frais présente l’un des principaux freins », souligne le représentant syndical.

La présidente de l’Association des DRH des grandes collectivités, Valérie Chatel affirme également que « les comités d’œuvre sociale (COS) agissent de plus en plus souvent pour financer des soins urgents et que les médecins territoriaux nous relaient de nombreuses difficultés ».

 

Les fonctionnaires renoncent aux postes de soin qui coûtent très cher et où le système social intervient le moins, par exemple l’optique et le dentaire.

 

Remise en question du reste en charge

 

Le président de la FA-FPT Bruno Collignon affirme que la santé présente sûrement l’un des derniers postes de dépenses qu’on envisage de supprimer.

Le baromètre informe aussi sur la participation des employeurs à la complémentaire. 36% des agents de la fonction publique interrogés affirment qu’après avoir travaillé dans une collectivité, ils n’ont pas eu vent de la mise en place d’un tel dispositif.

Par contre, 35% déclarent bénéficier d’une participation de l’employeur. Mais pour une famille de 4 personnes, les coûts des mutuelles sont élevés jusqu’à 200 Euros. Ainsi, les budgets ne nous donnent pas forcément la possibilité d’aller très loin, confirme Valérie Chatel. Les collectivités tiennent en moyenne 23,50 euros de la complémentaire santé. C’est une grosse somme, mais le reste à charge peut être également non négligeable, estime Bruno Collignon

 

 

Adopter également une pédagogie auprès des élus

 

Pour essayer d’améliorer la situation, Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territorial (CSEPT) appuie qu’il faudrait d’abord faire davantage de pédagogie auprès des élus. Bruno Collignon souligne également qu’il est possible que le coût d’une participation employeur n’est pas excessif comparé à d’autres. Une prise en charge à 100% de l’employeur est adoptée par le centre de gestion de Meurthe-et-Moselle. Ce dernier a aussi exécuté tout un travail avec les collectivités.

 

Il existe une confusion entre l’action sociale et la protection sociale complémentaire, comme les tickets restaurants, les chèques vacances… Dans l’esprit de quelques employeurs, c’est l’un ou l’autre, souligne le représentant syndical.

 

Rendre obligatoire la participation présente une autre piste. Nous soutenons ce concept, mais ce n’est pas la solution idéale. On effectue un transfert vers des organismes dont il n’est pas prouvé qu’ils effectuent une gestion à un coût raisonnable. La santé nécessite un vrai débat et il faut aussi sortir de cette image ancrée dans la tête des Français que notre système est le meilleur de tous, pense Ange Helmirch !